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Minako Bracken
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Le 17 octobre 2008 à 14 h 45 min   

Dans la vie, il y a des événements à ne pas louper. Et justement l’un de ces événements, à venir le 24 octobre 2008, fait couler pas mal d’encre « in game » et sur certains blogs de notre metavers. Des dizaines de personnes s’évertuent à vouloir révéler tous les secrets du mariage le plus attendu de l’année. Rendez vous compte : des centaines d’invités, l’organisation d’un défilé avant la cérémonie, une soirée qui promet d’être inoubliable, les plus grands noms du jeu, des milliers de L$ dépensés…. Scandaleux, dans en monde où le contexte économique est plus que tendu… De quoi faire frémir toute la jet set du monde virtuel, qui attend ce moment avec impatience, entre les heureux et les éternels aigris, qui délient leur langue acerbe pour l’occasion…

Je vous vois froncer les sourcils devant votre petit écran, en vous disant : « Mais quel mariage sur Second Life pourrait bien faire autant parler de lui…. ». Et bien c’est simple : Le mariage de l’une des plus célèbres et détestable jet setteuse du jeu, et l’une des coqueluches de Gaia….

Aujourd’hui bienvenue dans la vie de Gro Gafeur et … Minako Bracken ! ( petit veinard ^^)

Le jour où Gro m’a demandé en mariage je me suis dis « enfin voila le jour le plus beau de ma vie ! » Mais le soleil radieux s’est éclipsé en moins de deux minutes le temps de me rendre compte que je n’avais aucune idée pour organiser ce mariage… Mais en jet setteuse et « modeuse » aguerrie, je savais ce qui était hype, ainsi que ce qui marche, donc il ne m’a pas fallu longtemps pour trouver la solution : défilé de mode et entrepôt désaffecté… Où quand la haute couture se fait chic dans les quartiers industriels, drapée pour l’occasion de leur plus beau « red carpet ». Mais n’allez pas croire qu’une fois le thème trouvé, la suite coule de source ! Non non.. Car après, ce sont les raisons économiques qui rentrent en jeu : achat d’un sim, création de bâtiment, build, décoration, recherche des employés, photographes.. Bref je pense que vous aurez saisit… Les mariages sont peut être le plus beau jour d’une vie, mais aussi une épreuve infaillible pour savoir si un couple va survire aux crises d’angoisses et de stress post « Jour J » de la fiancée. Surtout si la future mariée est toujours flanquée de ses copines langues de vipères, qui comprennent « Oh! combien » le fiancé ne comprend pas du tout ce qu’elle veut elle, tout comme les centaines de buildeurs et décorateurs convoqués… et qui la soutiennent dans cette pensée :  » tu as raison chérie, tous des incompétents ! « .

Ce jour là, tout serait allé comme sur des rollers, mais bien entendu ce ne fut pas le cas. Est-ce que vous le saviez vous, que le choix de la robe de mariée et des demoiselles d’honneurs était un vrai calvaire ? Comment trois filles plus que douées pour le style, qui choisissent toujours leurs vêtements d’un simple coup d’oeil averti, peuvent douter des heures sur quelques morceaux de tissu ? Eh bien moi je n’étais pas au courant… du moins pas encore.

Mes demoiselles d’honneur et moi même avions depuis le matin même prévues un plan d’attaque. Début de journée : choix de la robe de mariée et tout le bataclan, puis rebelote avec les robes des demoiselles. C’est ainsi que nous parcourions les boutiques les pus branchées de la metavers, à la recherche de LA robe. Au bout de deux heures de recherches, trois crises de larmes et deux bouteilles de champagne, je compris que rien sur SL ne collait avec ma vision de la robe de mariée : les créateurs de SL se sont donnés le mot pour faire des robes de meringue importables ou quoi ? Eh même les meilleurs… Insupportables. En désespoir de cause, et malgré les mots encourageants d’Emy et Amy*, je pris la décision de poursuivre les recherches sur les robes des demoiselles d’honneurs. Direction Cachet ou peut-être enfin nous trouverions quelque chose à leur faire porter… Et surprise ! Nous trouvons tout ce que nous voulons…. Mais même après cet infime soulagement, le drame cruciale de ma vie, c’est à dire le fait de « NE PAS AVOIR TROUVÉ CETTE PUTAIN DE ROBE DE MARIÉE A LA CON » me replongea, dans un sentiment de rage impuissante. Dieu Linden devait m’en vouloir forcément…

Emy Aker : Allez, fait pas cette tête, on va aller se boire un Cosmo au studio 69…

Enfin une bonne idée ! Ni une ni deux, je saute sur l’occasion, mais la gentille Amy (dites Queen A. pour les intimes) nous laisse en plan, prétextant une urgence. Super la copine… Et c’est bras dessus-bras dessous, en alcoolo expérimentée, que nous arrivons dans le bar le plus proche. Forcées de constater, une heure plus tard, le bilan des dégâts : une dizaine de cadavres de cosmos et martinis jonchent sur la table, accompagnés de deux épaves très peu fraîches bavant à moitié, la tête enfoncée sur la surface plane. Je relève la tête et vois Emy en pleine contemplation des lumières, bredouillant un vague : « Comme c’est beau… », et avant même que ma langue acide ne lui susurre un : »MAIS QU’EST CE QUE TU FOUS ? (alors que moi je suis dans une impasse tragique, qui ressemble a ma vie) », ma fenêtre de IMs se met a hurler, ce qui, sous la surprise, me fait dégringoler de la chaise et embrasser, la tête la première, le sol. Aïe ! Mais quel est l’imbécile heureux qui me sort de mon mal-être profond ? Je vais le…

Amy Walkenberg : Je te TP, j’ai trouvé ta robe ! Tu vas l’adorer, un mélange de Carrie Bradshow (*voir le film « Sex and the City », la robe de mariée Vivienne Westwood), tu vas l’A-D-O-R-E-R !

Mon cœur ne fit qu’un tour dans ma poitrine! Peut-être ne devrais-je pas me vêtir de chiffons et sacs poubelles pour le mariage, ou pire encore d’une robe meringue (double beurk). Déjà j’attrapais le bras d’Emy, en train d’agoniser sur sa chaise, pour rejoindre Amy. Et, « Oh mon dieu ! Elle est fabuleuse ! Amy, tu es géniale. » Amy me regarde d’un œil entendu et satisfait quand j’essaye la robe.

Amy Walkenberg : Fabuleuse !

J’attends maintenant qu’Emy réagisse à mon époustouflante sortie de cabine, quand je la remarque affalée sur les portants des robes, un énième verre de martini a la main (un jour faudra m’expliquer comment cette fille réussi à toujours avoir de l’alcool sur elle), qui me regarde d’un œil vitreux, puis lève un pouce en ma direction : « T’es putain de fabuleuse ! » Merci Emy, ça, si ça vient pas du cœur…

Puis soudain, je me regarde dans la glace et pousse, enfin, sans aucune réflexion, un hurlement de rage. Mes deux amies me regardèrent alors interloquées :

Minako Bracken : Je…Je… pas de coiffure, chaussures, bijoux, skin… qui vont avec la robe…

Vu le regard que se jetaient mes deux comparses, je devinais le regard bien mauvais d’Emy sur Amy :  » Pourquoi a-t-il fallut que tu trouves une robe qui ne va avec rien ?! ». Amy, qui devait se flageller elle même pour cette robe, connaissait pourtant le dénouement de l’histoire : encore une semaine de crises jusqu’à ce qu’enfin je mette la main sur la tenue complète…. Qui ose encore dire que les mariages sont une partie de plaisir ?

Minako Bracken, célèbre journaliste au bord de la crise de nerf…

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LeoMaxx Sautereau
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Le 4 octobre 2008 à 11 h 04 min   

Nous avons beau dire que le métier de journaliste rapporte un max de pesos, le messager de l’information reste un voyageur nomade en quête de tuyaux dorés à l’or fin qu’il transforme en morceau de papier parfois mouillé de quelques glaviots. Pas toujours facile d’être reporter dans Second Life. Alors quand on est lassé de couper les blancs de dinde en huit, nous nous décidons de nous poser un moment et de saisir l’opportunité d’un second job. Pour ma part, j’ai choisi les voies du seigneur, pourtant impénétrables…

Cela fait maintenant 11 mois, jour pour jour que j’ai célébré mon premier mariage sur Second Life. Une expérience qui se devait être exceptionnelle au départ et qui s’est peu à peu transformée en vocation, au point que je songe désormais à me faire ordonner dans le monde réel (je plaisante rassurez vous). A l’époque, mon amie Calice Janus et son ex-mari Terry Ballinger se décident à se lancer dans le marché naissant des mariages sur SL avec l’aide d’une autre amie, Lycie Yalin, qui a officié dans l’organisation de mariage RL. Cette activité restait jusqu’à lors assez marginale dans la sphère francophone. Il ne devait y avoir que une ou deux sociétés de mariage à tout casser (notamment celle de Veronique Snook qui a abandonné depuis si je ne fais pas d’erreur -l’intéressée me corrigera si besoin-). Seul problème : Calice n’avait pas de prêtre à disposition. En bon samaritain, je me décide d’accepter l’offre, un peu fébrilement quand même. Il faut dire que je n’ai jamais eu l’occasion de passer devant monsieur le maire ou le curé et d’avoir une trace blanche autour de l’annulaire à la fin de l’été.

Les mariages, un business qui marche

Les sentiments c’est de l’argent ! Et ça, les frimeurs qui roulent en roadster pour harponner la minette l’ont bien compris ! Se passer la corde au cou ne vous sera pas vraiment gratuit, et outre les 25 L$ de frais d’avocats (pour votre futur divorce) qu’il vous faudra mettre de côté, vous devrez dégainer le chéquier pour avoir votre ticket pour le chemin de l’enfer, parfois jonché de quelques petites fleurs je vous rassure.

Ce qui est bien dans les mariages de Second Life, c’est qu’il en y a pour toutes les bourses. Que vous soyez un compulsif de la carte bleue (vous ai-je regardé mesdames ?) ou un accro du camping carbonisé au ricard, vous aurez tout loisir de faire de votre union le plus beau jour de votre vie ou, comme disent les plus romantiques, « Le début de la fin »…

Ainsi les cérémonies de mariage sont à la carte. Vous pouvez vous la jouer mariage « discount » à 1 000 L$ (même si c’est une somme quand même !) ou mariage princier à un tarif composé d’un nombre plein de zéros auquel je n’ai toujours pas appris à compter. Outre la cérémonie et le vin d’honneur, les sociétés de mariage proposent une série d’options gadgets dont on ne peut se passer pour euphoriser son bonheur. Vous pouvez notamment réserver un club, péter un feu d’artifice (que seules les nanas voient.., les mecs sont trop occupés à mater la mariée, « j’aurai du desserrer le caleçon plus tôt ! ») mais aussi prendre une assurance anti-lag, inviter un sosie de Frédéric François ou encore s’offrir les services de Dudu Larsouille pour compléter le casting des invités si vous n’avez pas le légendaire « beau-frère alcoolique ».

Si vous préférez vous la jouer mariage express à Vegas ou union-squatteur-sur-un-autel-qui-n’est-pas-le-vôtre, c’est possible aussi… Des autels de mariage en libre usage existent (comme ceux de Junon  Weddings) et les fleurs ne fanent jamais (les enfoirés, ils ont mis des fleurs en plastique !). Ne reste plus qu’à choper le prê..euh célébrant de cérémonie et de confirmer votre acte de mariage devant grand seigneur Linden Lab ! Pour la nuit de noce, vous pouvez squatter chez le voisin, avec un peu de chance le stream du lieu est Slow Radio, parfait pour la fête du « sleep » !

Les mariages, comme si vous y étiez.. ou presque!

D’une manière générale, les femmes sont plus impliquées que les hommes dans l’organisation de la cérémonie, mais ce n’est pas exclusif non plus. Les hommes deviennent de plus en plus romantiques, il n’y a qu’à écouter leurs poèmes d’amour pendant les cérémonies pour s’en convaincre. Les unions virtuels donnent le sentiment, à la fois émouvant et dérangeant, de transcender le cadre de la fiction… Voilà pourquoi le mariage est quelque fois le déclencheur d’une future séparation car il éveille au grand jour la réalité des sentiments d’un des deux partenaires, sauf si les deux ressentent la même chose. Du coup c’est plutôt un Happy End qui brille à la fin de la pellicule.

Se marier virtuellement est souvent bien plus qu’un simple petit jeu pour cœurs sensibles. A l’image de notre société RL, l’union maritale de deux jeunes fiancés porte une empreinte sociétale forte : c’est la reconnaissance aux yeux de tous d’un couple officiel, concrétisé par l’apparition du nom du partenaire dans le profil, aussi appelé « partnership ». C’est donc, en quelque sorte, un acte d’appartenance sentimental qui s’impose (même si ça ne décourage pas les vieux lourdauds dragueurs).

La validation du partnership n’a toutefois rien à voir avec la cérémonie de mariage en elle-même. Les organisateurs et le prêtre n’ont en fait qu’une fonction d’animation, c’est tout. Pour vous unir officiellement « devant Linden Lab », il vous faudra accéder au site secondlife.com et aller dans le menu Partner (rien à avoir avec l’utilitaire Peugeot) pour proposer à votre futur-conjoint(e) les menottes de la promiscuité (il vous en coûtera 10 L$ au passage…).

Une activité blasphématoire aux yeux de l’Eglise! (si, si!)

Dans Second Life, la fonction du célébrant de cérémonie se rapproche de celle d’un DJ. Son intervention prendra la forme d’un « show », mais solennel et romantique, qu’il exprimera sous forme textuel (le plus souvent) voir oralement (moins souvent). Selon le degré de leur foi, les mariés choisiront un mariage de type civil ou religieux, mais c’est souvent ce dernier qui l’emporte, sans doute pour sa valeur traditionnelle.

Il y a quelques mois, j’ai été surpris d’être pris à parti par un véritable prêtre RL qui me reprocha de m’auto-attribuer le terme « prêtre » pour mes activités de mariage sur Second Life. En effet, selon l’Eglise, ce titre ne peut appartenir seulement à une personne qui a reçu le sacrement adéquat. Nous nous demandons alors ce qui l’en est pour le cinéma où les rôles de « prêtres » par des acteurs non ordonnés sont monnaie courante. Quoiqu’il en soit, il est officieusement interdit de se nommer « prêtre » dans notre monde virtuel sans l’être vraiment dans la réalité. D’ailleurs, le port de l’aube est à peine toléré. Cette interdiction reste toutefois marginale car les véritables mariages religieux sont assez exceptionnels. Pour ma part, je ne mentionne jamais le nom de Dieu dans mes discours ni même la moindre allusion à la Bible ou autre document religieux. De ce fait, cette motion de censure est quelque peu sans intérêt a priori.

Allez ne soyons pas sérieux, le mariage dans Second Life reste avant tout un divertissement, même pour les les gens qui s’aiment vraiment (et il y en a!). Sur ce, je vous souhaite à tous de trouver le bonheur, sur Second Life ou ailleurs. Car même dans un « jeu », nous sommes avant tout humains.

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