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LeoMaxx Sautereau
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Le 21 février 2009 à 19 h 17 min   

En avril 2008, Philip Rosedale, celui qui a fait de Second Life une plateforme de communication novatrice et performante, celui que j’appelle le « surfeur d’argent » à cause de son bronzage australien et de sa « business attitude », décide de céder sa planche de surf de CEO* à un Monsieur bien moins rigolo, Mark Kingdon, qui aime que l’on l’appelle « Monsieur M » (et oui ça pète sec!). Une révolution silencieuse a eu lieu! Vive le Roi!

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Mark Kingdon : une main de fer dans un gant de velour

Contrairement à son prédécesseur, Mark Kingdon n’aime pas trop les photos et les apparitions publiques. Il faut dire qu’il ne peut pas se vanter d’avoir le même capital sympathie que « Sonic Slater ». Le cul tellement serré sur les clichés qu’il pourrait casser des cacahuètes avec, le regard d’un poulpe… c’est visiblement un homme qui n’aime pas perdre son temps à la déconne (et paf Philip!). Nous sommes là plus proche du look « Prof de maths » que du midinet accroc aux vagues. Après dix mois d’exercice illusoirement discret, l’homme mène sa barque comme un brise-glace dans l’Océan Arctique. Fini aussi la grande philosophie pseudo-anarchiste-foutaisiste de la génération Bill Gates, il faut se rendre à l’évidence que l’informatique est un monde impitoyable où le divertissement n’a sa place que dans les foyers.

Milieu 2008, Second Life est devenu une marque qui a la prétention d’exiger du public d’apposer un ® à chaque expression du « produit ». Philip Rosedale, co-fondateur de Linden Lab en 1999, et créateur du projet Second Life a déjà fait son bonhomme de chemin depuis plus de six ans après le lancement du développement du projet. Si l’homme fut génial lors de la construction du logiciel, il fut vite dépassé quand il s’agissait de diriger une entreprise galopante comme Linden Lab. « Driver » une usine à gaz, ce n’est pas vraiment son cœur de métier, et décide donc de céder sa place à quelqu’un qui sera plus expérimenté à cet exercice.

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L’élu est Mark Kingdon. « Monsieur M » est tout nouveau tout beau, mais n’est pas complètement étranger à Second Life. En effet, son CV montre qu’il utilise déjà la plateforme depuis Janvier 2007 sous le pseudonyme Marcus Voom. Curieusement, d’après l’Agence Reuters, Mark Kingdon se définit lui-même comme un « joueur occasionnel » de SL. Autrement dit, ses seules occupations consistaient à draguer les noobettes sur les Community Gateways. Drôle de choix que quelqu’un qui n’a qu’une connaissance superficielle de la plateforme qu’il va diriger. Heureusement le CV de « M » ne s’arrête pas à ses compétences de dragueur virtuel du dimanche. L’homme a en effet été CEO pendant plusieurs années de l’agence Organic, une société spécialisée dans les mondes numériques. Il est notamment reconnu pour sa rigueur et ses compétences de gestionnaire, deux qualités qui manquaient précisément à Philip Rosedale.

En choisissant Kingdon à sa tête, Linden Lab a fait le choix d’une nouvelle politique. Les méthodes de travail du nouveau CEO sont plus pragmatiques, plus réalistes et donc peut-être moins enjouées que celles de son prédécesseur. La face de Second Life est en train de changer… dans le bon sens ?

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Le risque de remettre en cause l’essence même du monde virtuel pour le rendre plus rentable et contrôlable

Quand Philip Rosedale et son équipe ont buildé les fondations de leur monde virtuel, leur priorité aura été de donner à leur produit une signature qui lui permette de se distinguer le mieux possible des traditionnels MMO qui font déjà fureur à l’époque (Everquest, La 4ème prophétie…). Pour cela, Linden Lab veut faire de Second Life un véritable outil de communication, plus seulement dédié au divertissement, mais qui s’ouvrirait au monde dans le but de communiquer, partager et surtout commercer. L’éditeur s’occupe donc du développement logiciel et de la gestion administrative. En revanche 95 % du contenu serait développé par les résidents eux-mêmes.  « Your world, your imagination ». Ambitieux!

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Cinq ans après, les douze travaux d’Hercules sont accomplis avec un certain succès. Malgré les nombreux cafouillages techniques et erreurs de gestion, Linden Lab a fait de SL un monde virtuel très riche et peuplé, même si le nombre d’utilisateurs actifs tend à se stabiliser ces derniers mois.

Seulement voilà, depuis un an environ, Second Life est arrivé à un stade d’une certaine maturité. Le contenu est exhaustif, original et chacun y met du sien pour y apporter son produit fait maison. La concurrence est telle aujourd’hui qu’il est impossible de tenter une percée dans un marché totalement saturé, où les prix sont totalement invraisemblables, dans un sens comme dans l’autre. Second Life est devenu une usine à gaz avec l’impression qu’aucun directeur ne soit là pour gouverner son entreprise.

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Depuis un an, le bilan est préoccupant. Second Life stagne car nous atteignons les limites d’un système anarcho-capitaliste sans aucun dispositif de régulation du contenu. C’est là que Mark Kingdon, entre en fonction…  Fin gestionnaire, et vision du monde réaliste, l’homme va prendre conscience que le phénomène libertaire d’antan n’a plus vraiment d’avenir et que SL se doit d’être en quelque sorte « clôturé » pour empêcher les brebis de venir pâturer sur d’autres versants.

Les actions coup de poing de Mark Kingdon

Second Life c’est un shoot vertigineux mais dont la descente est casse-gueule voir mortelle. La politique de « M » est simple : cadrer au mieux le contenu de la plateforme afin de l’optimiser au mieux pour un public qui alimentera réellement les caisses de Linden Lab : les entreprises. Ce sont elles qui participent au buzz, et à la pertinence du monde virtuel. Plus d’entreprises, plus de partenaires, plus de profit… Pas étonnant que le monsieur s’est déplacé partout dans le monde pour rencontrer certains LandBarrons qui accueillent des entreprises sur leur fief. Fini la récré, il est temps d’amener de l’eau au moulin, pour le grand malheur d’une bonne moitié de résidents.

Le rodage terminé et une période d’essai sulfureuse (le dossier « OpenSpace » à gérer…), Kingdon s’est amené à prendre les premières mesures de sa politique. La première c’est de revoir son équipe dont le cœur venait encore de la génération Rosedale. Nous avons donc pu constater les départs de Sidewinder Linden ou encore Robin Linden. A quand le prochain ? M semble vouloir s’entourer de sa propre équipe, sans doute en vue d’un nouveau virage dans lequel tous les passagers de la voiture seront d’accord sur la direction à prendre.

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Cette direction c’est la réduction lente mais effective de la liberté de contenu des résidents. Aux yeux du public, Second Life prend des airs de souk virtuel dans lequel le « trop de produit » tue le « produit ». La récente acquisition des deux sociétés de e-commerce XStreet SL et OnRez sont la preuve que Mark Kingdon souhaite centraliser la production de ses résidents, soit pour mieux la faire circuler, soit pour mieux la contrôler. Cette opération aura déjà pour effet de réduire quantitativement l’océan de « shops poubelles » implantés partout, et de réduire l’essor des freebies, véritable épine dans le pied de la plate forme. Linden Lab proposera-t-il du contenu ? Assurément non. Ces pratiques déjà proposées par Lively ou Home n’ont guère eu de succès. La création de contenu par les résidents sera perpétuée pendant beaucoup d’années encore, mais la marge de manœuvre sera quelque peu étroite.

Reste la question du titre de la propriété des créations, qui n’est toujours complètement résolu. Une problématique auquelle la nouvelle équipe exécutive de Linden Lab s’attèlera bientôt. Voilà qui promet! En effet, l’intégration progressive des mondes virtuels comme plateforme et non plus comme divertissement, pose un sérieux problème législatif concernant la propriété légale. Vos objets vous appartiennent par principe, mais vu que ceux-ci sont hébergés sur des serveurs relevant de l’autorité de Linden Lab, nous pouvons nous attendre à un vrai bras de fer entre les résidents et l’éditeur. Pour comparaison, c’est exactement la même chose qui s’est passé (et qui se passe encore) pour YouTube et consorts où chaque parti s’est renvoyé la balle concernant la responsabilité pénal du contenu (souvent piratage d’œuvres protégés ou contrefaçons).

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Autre mesure lourde de conséquence, le retour du Mainland! Par cette appellation, nous désignons l’ensemble des sims dont Linden Lab est propriétaire. Autrefois, beaucoup de locataires de terrains sur ces régions se sont plaints d’une gestion calamiteuse. Le contact avec les responsables était en effet particulièrement périlleux. Ces problèmes d’organisation ont fait que le Mainland a progressivement été boudé par les résidents au profit de sims « privés » (les gestionnaires sont les résidents eux-mêmes). Plus de proximité et des problèmes réglés plus vite. Depuis plusieurs mois, Mark Kingdon a souhaité revaloriser le Mainland par deux mesures phares :

  • Extension massive du domaine avec l’introduction des sims « Nautilus », graphiquement plus attractives.
  • Hausse significative du prix d’achat/frais mensuels des sims privées Openspaces (devenues « Homesteads« )
  • Interdiction des « ad-farms », terrains constitués essentiellement de panneaux publicitaires (merci Koxinell cf.commentaires)
  • Interdiction des terrains de petite taille (512 m²), trop peu rentables car souvent invendables ((merci Koxinell cf.commentaires)

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Pour le moment impossible de savoir si le Mainland a de nouveau récupéré des locataires, Linden Lab ayant soigneusement supprimé ses statistiques sur les terrains de manière à ce que la baisse très probable de lands (non compensés par le développement du Mainland) ne soit pas mathématiquement démontré.

Le règne de Philip Rosedale est terminé. Même si en tant que membre du conseil d’administration ce dernier garde un certain pouvoir sur Linden Lab, il n’est plus maître des décisions prises pour le développement de Second Life. Une progressive mutation est actuellement en train de s’opérer. La volonté de proposer aux résidents le contrôle de leur contenu s’efface au profit d’un renforcement de la gouvernance de l’éditeur. L’équipe « M » souhaite reprendre les rennes de son produit et en finir avec le joyeux bordel orchestré par l’équipe précédente sans que celle-ci n’ait complètement foiré. Second Life en est là où il est : le plus convaincant des mondes virtuels actuel. Reste à prouver que la méthode Kingdon sera meilleure que la précédente.

LeoMaxx Sautereau

* CEO : Chief Officer Executor -expression reprise de Rambo 3 parait-il-

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LeoMaxx Sautereau
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Le 8 janvier 2009 à 22 h 39 min   

« Second Life en français ». Une expression devenue aussi improbable qu’un altermondialiste de droite. Attendue depuis plusieurs années, la traduction du site web de Second Life pointe timidement le bout de son nez. Et ce n’est pas faute d’avoir attendu…

La pénétration d’une entreprise dans un marché passe souvent par une localisation linguistique de ce qu’elle propose sur son étalage. L’introduction d’un produit est toujours facilitée par une traduction de son contenu afin que ses potentiels clients soient plus aisés pour l’acheter ou l’utiliser. Cette logique commerciale, nous la retrouvons dans tous les manuels d’économie de 1ère au lycée. Pourtant les commerciaux de Linden Lab, société propriétaire de Second Life, semblent avoir séchés le cours cette année là vu que leur monde virtuel a mis une année lumière à se mettre aux couleurs d’autres langues que la leur. Une erreur stratégique incompréhensible vu que la firme n’a jamais caché vouloir s’étendre au monde entier, et pas aux seuls Etats-Unis, berceau culturel du projet.

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« Ahhhhhhhh ces français ! »

La France est l’une des victimes de cette monarchie linguistique. Autrefois deuxième communauté du monde virtuel, les français sont désormais rétrogradés à la 5ème place derrière les japonais. Les raisons de cette chute d’escalier s’expliquent en partie par l’absence de localisation -décente- du client (corrigée depuis la version 1.21.6) et surtout du site internet désespérément en anglais. Peu accessible et mal organisé, Linden Lab perd chaque jour des centaines d’inscriptions de francophones exaspérés par la complexité du portail. Exemple le plus probant : le bouton pour se connecter n’est pas des plus évidents, et la section «  Downloads  » est transparente alors qu’un joueur lambda préfère souvent installer le logiciel avant de se créer un compte.

La réaction de Linden Lab s’est faite très tardivement puisqu’il a fallut attendre cet été pour que le service marketing prenne conscience de la nécessite de traduire Second Life (client + site web) dans plusieurs langues dont le français. En général, les travaux de traduction ne sont guère onéreux pour les éditeurs puisque cette corvée est souvent confiée à des étudiants en langues étrangères appliquées, mal payés donc, mais flattés de bosser pour une marque connue. La France fait certainement parti du public le plus mécontent de ce retard. Nous connaissons tous notre traditionnelle fermeture aux autres langues et une localisation en français est souvent un gage de succès dans nos contrées adulées du monde entier.

La version 1.21.6 du client Second Life, sortie en Novembre dernier, importait avec elle une traduction française complète et officielle.
«  Enfin!  » diront certains, deux ans après s’être contentés d’une traduction provisoire et incomplète. Pour d’autres c’est presque l’agacement, les buildeurs et les scripteurs notamment qui ont pris l’habitude d’employer les termes anglais pour leurs montages. Cette nouvelle localisation traduisait tout et surtout n’importe quoi, tout le monde s’y perd! « Oui nous ne sommes jamais contents, nous les français!« . La traduction du viewer reste secondaire cela dit,  déjà pour la langue anglaise, simple et accessible. Beaucoup ont gardé l’habitude d’avoir les menus en anglais.

Une traduction française… partielle

Le plus scandaleux est surtout le portail secondlife.com, déjà très mal conçu à la base (manque d’ergonomie notamment), qui n’est toujours pas en français. Linden Lab avait pourtant promis une localisation du site web pour Novembre 2008… promesse non tenue. Alors oui, une partie des menus a bel et bien été traduit à la mi-Décembre mais curieusement, elle n’est pas active par défaut. Il faut se rendre tout en bas de la page web et cliquer sur « Français ». Pas très pratique pour ceux qui ne sont pas au courant.

Ce problème, nous le supposons à la nouvelle interface du portail actuellement en préparation chez Linden Lab. La page d’accueil a même été changée pour ceux ne sont pas « loggués » d’office. Elle donne aux internautes une organisation plus synthétique, le bouton pour s’inscrire est davantage mis en évidence. L’équipe a également eu la bonne idée de faire défiler en gros des captures du monde virtuel, des photos assez belles en général qui séduisent un peu plus que les vieilles snapshots de l’ère d’avant « Windlight » et qui donnaient un aspect bien ringard.

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Second Life en français c’est peut-être pour demain, mais pas encore aujourd’hui. Le site serait traduit morceaux par morceaux comme ça l’est déjà pour le « Prix Linden » qui récompense la meilleure création artistique du moment. Mais pour le moment, l’essentiel n’y est pas : la page d’accueil est toujours en anglais.

LeoMaxx Sautereau

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LeoMaxx Sautereau
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Le 5 janvier 2009 à 22 h 21 min   

Aujourd’hui 5 Janvier 2009 marque la mise en place officielle d’un nouveau type de land : les Homesteads, « évolution » des anciennes Openspaces, reléguées elles à des lands appauvris en prims et réservés aux amateurs de steppes virtuelles.

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Souvenez-vous, le 28 Octobre dernier, Linden Lab provoquait un tollé général chez ses résidents en choisissant d’augmenter de manière conséquente le prix de ses Openspaces. Ces régions sont en fait des versions allégées en primitives des sims traditionnelles dite « Full ». Elles sont beaucoup moins chères et donc plus accessibles à un large public. Le succès a été retentissant. Les résidents peu fortunés avaient accès à l’achat de leur propre sim moyennant un sacrifice modéré en prims (3750 prims au lieu de 15 000 prims théoriques, mais cela restant amplement suffisant), à tel point que les « Full sims » ont perdu en pertinence. L’éditeur a été dépassé par ce succès et n’a pas su anticiper cette croissance exponentielle de sims. Beaucoup d’openspaces ne respectaient pas nous plus leur fonction de base : être des espaces résidentielles et/ou touristiques. Linden Lab a semble-t-il été effrayé du fait que les sims conventionnelles allaient peu à peu disparaître alors que ces dernières sont assurément les plus lucratives.

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La hausse de prix des Openspaces a eu pour conséquence un séisme social dont les effets se sont fait ressentir jusque dans la presse professionnelle. Face à ses revendications, la firme propriétaire de Second Life a revu sa copie mais cette réécriture n’a que peu satisfait ses clients, puisque les nouvelles conditions sont tout simplement plus sévères que les anciennes. Les openspaces, à vocation « touristique », ont ainsi été rétrogradées à 750 prims pour une limite de 10 avatars simultanés tout en maintenant le tarif d’antan. Les sims à 3750 prims sont désormais appelées « Homesteads » (en français : propriété) mais deviennent beaucoup plus onéreuses : le prix d’achat augmente de 40 % et les frais de maintenance mensuels de 60 %). Une nouvelle limite a même été ajoutée : le nombre d’avatar est désormais fixé à 20 contre 40 auparavant.

Il est clair que par ces choix controversés, Linden Lab souhaite revaloriser les « Full prims » et corriger le fait que la création des Openspaces a été une erreur, du moins avec les options qu’ils proposaient. Mais ce faux pas a eu une lourde conséquence : en ôtant le pain de la bouche de ses résidents, la firme s’est vêtue d’une réputation encore plus ténébreuse. Une action en justice serait même en cours, même si ses chances d’aboutir sont minces étant donné que les prédispositions judiciaires de la firme américaine ont été rédigées avec doigté.

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Les procédures techniques selon Jack Linden

Le très décrié Jack Linden, responsable du département « foncier » de Second Life, a publié le 3 Janvier une note récapitulative sur les processus qui seront mis en place pour la transition de ces nouveaux systèmes de sims. Ainsi les Openspaces restent des Openspaces nominativement parlant. Cela signifie que les actuels propriétaires de ce type de sim n’auront désormais droit qu’à 750 prims. Pour celles qui en auraient déjà utilisé beaucoup plus, les régions seront redémarrées et remises à zéro.

Pour ceux qui souhaitent conserver leurs 3750 prims, il fallait enregistrer le changement avant le 1er Décembre dernier et accepter une forte augmentation (progressive jusqu’à Juillet 2009) tout en faisant une concession sur le nombre d’avatars maximum simultanés. Un choix pas toujours facilement à accepter. Nul doute que ces « Homesteads » n’ont pas vocation à être très populaires, mais plutôt à justifier un passage direct en « Full Sim » plus cher évidemment, mais dont le rapport qualité/prix est plus intéressant. Beaucoup de propriétaires qui possédaient plusieurs anciennes openspaces ont même choisis de les fusionner pour ne faire qu’une seule Full Prim. En effet, au delà de la réduction d’espace disponible, il y a aussi ces limites techniques qui empêchent l’organisation d’évènements que seules les « Full » peuvent désormais accueillir.

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Autre contrainte technique non négligeable sur les Openspaces/Homesteads : la réduction des scripts. En effet, Jack Linden prétexte la consommation importante des scripts en ressources processeurs qui accompagnent les serveurs sur lesquels sont hébergés plusieurs de ses sims (1 serveur pour 4 Homesteads, 1 serveur pour 8 Openspaces). L’introduction de « Mono » n’y changeant apparemment rien (et dont les avantages sont encore à prouver). Les propriétaires de ces « Low prims » seront donc tenus d’utiliser un minimum de script sous peine d’un blocage. Pour les y aider, Linden Lab proposera un outil de mesure pour faciliter la gestion de ses scripts. il sera testé dans une prochaine version de Second Life. En attendant, contentez-vous de scripts simplistes…

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Une migration vers les OpenSims ?

Les conséquences de ces nouvelles mesures ne se sont pas faîtes attendre. Le nombre de lands est désormais en train de diminuer mais dans des proportions malheureusement impossibles à déterminer étant donné qu’un bug s’est glissé dans les statistiques proposées par Linden Lab. Cela dit, il semble que cette baisse soit bien la volonté de l’éditeur qui préfère avoir moins de lands mais à plus forte valeur ajoutée tout en ayant moins d’amortissements sur les serveurs. En revanche, il ne faudra pas que cette baisse soit trop importante sous peine d’une baisse de rentabilité, mais la firme américaine a un talent certain pour la pratique du yoyo tarifaire. Pas de panique pour San Francisco, risque de séisme oui, mais seulement géologique!

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Les anciens propriétaires d’Openspaces, dégoûtés par cette nouvelle grille tarifaire mais désireux de gérer et construire leur propre sim, s’orientent de plus en plus vers la solution OpenSim. Évidemment, la plateforme ne manque pas de défauts, elle est loin de proposer toutes les possibilités de Second Life et encore moins tout son contenu, mais son fonctionnement tourné autour des principes de l’opensource (partage des améliorations, fragmentation des décisions, liberté…) a de quoi séduire. Si pour l’instant, nous ne pouvons pas affirmer une nette tendance Second Life > OpenSim, il est certain que la curiosité est de mise. Je ne pourrais pas vous communiquer de chiffres précis, sachant qu’aucune base de données n’existe pour mesurer l’audience de ces OpenSims. En revanche, les indices constatés dans le viewer Hippo OpenSim Viewer (client optimisé pour OpenSim) montre une amélioration conséquente du nombre des inscriptions : ainsi OSGrid est passé de 8500 à 9660 inscrits depuis deux mois et demi, soit une croissance de 13,6 %; dans la même période FrancoGrid est passé de 700 à 875 inscrits soit 25 %; mieux encore New Word Grid a enregistré 1400 comptes en Décembre 2009 contre 650 en Octobre 2008, soit 115 % ! L’ensemble des OpenSims est concernée. Reste à confirmer si ces nouveaux résidents sauront apprécier le potentiel d’OpenSimulator avec ses bugs, ses déserts et ses avatars de noobs.

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LeoMaxx Sautereau

Impossible d’espérer un miracle, mais une compensation, peut-être oui. « Eh bien même pas! » s’exclamèrent la nuit dernière certains responsables d’openspaces. Linden Lab apporte une nouvelle fois la preuve de sa distance marquée avec ses clients en leur donnant la désagréable impression de se moquer d’eux. En guise de réponse, l’éditeur maintiendra l’augmentation tarifaire prévue et proposera un nouveau type de land, les « Homesteads« , aux caractéristiques « allégées en matière grasse », autrement dit inutilisables et trop chers…

Suite et pas encore « fin » pour l’affaire de l’augmentation du prix des Openspaces. Le mouvement de protestation ainsi que les discussions pacifiques qui ont succédées ont poussé Linden Lab, éditeur de Second Life, à engager des aménagements de sa mesure « choc » pour la rendre plus digeste vis à vis de ses clients. Après une semaine de débat avec certains responsables de sims, Mark Kingdon et son équipe apporte enfin une réponse… controversée et sournoise.

Les Homesteads, un nouveau type de land.. enfin pas tout à fait

Linden Lab a donc redéfinit « au mieux » son menu foncier en se basant, « parait-il » sur les revendications de ses clients. Nous aurons désormais droit à non plus deux, mais trois types de lands.

Les openspaces que nous connaissions (65536 km², 3750 prims et 40 avatars) sont rétrogradés dans une version complètement décharnée ne contenant plus que 750 prims et une limite de 10 avatars, ce qui réduit les usages à un hameau au milieu d’un canton…  Les prix n’ont en revanche pas rétrogradés, eux…

Pour tous ceux qui souhaitent conserver les mêmes possibilités que les anciennes openspaces, Linden Lab introduira les homesteads à compter du 1er Janvier. Leur prix seront les mêmes que ceux prévus pour la hausse annoncée la semaine dernière, à savoir 375 US$ à l’achat et 125 US$ de frais mensuels. Finalement aucun changement me diriez-vous ? Eh bien si justement, mais… en pire! En effet, là où les anciennes openspaces pouvaient contenir 40 avatars, les homesteads n’en contiendront plus que 20… Un véritable coup de poignard dans le dos et la mort probable de nombreux projets éducatifs comme l’Ecole SL qui a besoin de pouvoir accueillir une trentaine d’avatars pour ses cours.

L’effet de cette annonce provoque déjà un séisme de forte magnitude sur tout l’espace SLien. Non seulement les discussions n’ont aboutis à rien de ce qui étaient prévus, mais les anciennes openspaces désormais appelées homesteads seront encore plus bridées qu’autrefois tout en conservant l’augmentation des tarifs. Alors il est vrai, il faut reconnaître que cette hausse sera échelonnée sur six mois, mais à moyen terme, elle sera belle et bien effective!

Dos au mur, Linden Lab fait bloc. Entre logique et grossière erreur

Après passion et déception, il est nécessaire de remettre les éléments dans leur contexte. Comme je l’avais dit dans un précédent article, Linden Lab s’est imposé une régulation du nombre de lands dans Second Life. C’est un fait, qui ne pouvait pas être outrepassée. C’est une entreprise, pas un état… elle applique donc une stratégie de développement que certains trouveront discutable mais qui fait partie d’un programme auquel les utilisateurs sont souvent impuissants. « Le client est roi » n’est pas une logique américaine, et nous devons leur accorder le bénéfice du doute sur le fait qu’ils aient raison… sur le long terme (c’est à dire d’ici un an ou deux ans minimum).

La sim Brokeback, inspirée du film Le Secret de Brokeback Mountain devrait fermer à compter du 1er Janvier 2009

Cela dit, les conséquences à moyen terme sont désormais réelles si Linden Lab ne prend pas soin de faire quelques exceptions. Les projets éducatifs qui accueillaient ponctuellement plus de 20 avatars pourront mettre la clé sous la porte à moins d’accepter de brider leurs ambitions. Dans le fond, c’est une mauvaise opération pour Second Life qui risque de voir amincir les projets qui participaient à le valoriser.

Encore une fois, je ne pense pas que Linden Lab ait voulu mal faire, mais sa politique souffre d’une communication désastreuse et maladroite. Une telle annonce apparait comme meurtrière. Maintenant c’est clair, l’éditeur démontre clairement un amateurisme. Il serait temps que la firme délègue ses activités de gestion à des sociétés dont c’est le coeur de métier, et se concentrer sur le développement software.

LeoMaxx Sautereau

Si vous vous connectez régulièrement à Second Life, vous n’êtes pas sans avoir remarqués le mouvement de protestation qui a désormais gagné l’ensemble des communautés linguistiques du monde entier. Les résidents de Second Life sont en colère contre l’éditeur de leur logiciel, et ils le montrent. En augmentant le prix des openspaces (sim à bas coût), Linden Lab n’envisageait sûrement pas une ferveur négative aussi intense, dont l’objet a déjà dépassé le cadre de la mesure.

Ainsi depuis hier soir, une série de manifestations spontanées et massives ont lieu sur la région Nautilus (appartenant au Mainland, dont le propriétaire est Linden Lab) et sur le siège virtuel de l’éditeur, Linden Estates Services. Un dizaine de sims ont été « investies » par des utilisateurs mécontents, venus exprimer leur colère. D’immenses drapeaux et pancartes ont été crées à l’occasion « Save our openspaces » / « Sauvons nos openspaces » et distribués gratuitement à qui voudra. Un groupe a même été créée pour aider à l’organisation et au déploiement des utilisateurs sur un maximum de sims. Les forums sur Second Life du monde entier sont secoués par une euphorie que nous n’avions pas ressentie depuis bien longtemps déjà. C’est peut-être le point positif incontestable de ce fait de société, les utilisateurs prennent conscience de l’esprit communautaire international. Pour la première fois, j’ai ressenti un effet de masse sur Second Life…

Des manifestations sans doute inutiles… dans le sens qu’on voudrait lui donner

Il faut être clair, la décision de Linden Lab est irrévocable dans le sens où elle vise à réparer un problème structurel. Il n’y aura sans doute pas de compromis ni de geste de la part de l’éditeur qui ne fera que justifier sa décision, a priori logique. Toutefois, la firme de San Francisco fait une nouvelle fois les frais de sa politique de gestion improvisée qui n’opère qu’à court terme (une bien mauvaise stratégie pour une entreprise de cette taille). Malheureusement cela fait un moment qu’elle se complait à patauger dans cette accumulation d’erreurs… La politique de Mark Kingdon (nouveau CEO de Linden Lab) ne semble pas encore avoir pris et la gestion toujours aussi molle et maladroite.

Le résultat est donc bien triste. Aujourd’hui, hier et demain peut-être, nous palpons l’extraordinaire méfiance des utilisateurs qui ne font plus confiance à l’éditeur de leur monde virtuel. Second Life n’est pas qu’un simple divertissement, c’est aussi des intérêts financiers, parfois mineurs, parfois colossaux, mais qui pourraient bien mener -nous ne l’espérons pas- à une remise en question de l’entreprise devant des tribunaux. Médiocrité de la communication, manque de transparence flagrant sur les intentions des responsables, instabilité technique… tels sont les points sur lesquels Linden Lab devra à tout prix se corriger au risque de dégouter ses clients. Pour le moment, les conséquences graves de ces erreurs sont encore en sursis mais pour combien de temps encore ?

Mise à jour : Linden Lab a réagit aux manifestations en réduisant le nombre d’avatars autorisés sur les terres du Mainland (60 à 40). Je viens également d’apprendre que le groupe « Save our openspaces » a été dissout par l’éditeur.

Le groupe SOS (« Save our openspaces » a été délibérément supprimée par sa créatrice, Vryl Walkyrie, sur les conseils de son avocat (également présent sur SL, RalphGaboury Xeltentat, qui propose gratuitement ses services en cas de conflit judiciaire). En effet, l’homme a expliqué que la position agressive du groupe (manifestations, siège…)  était loin d’être une bonne idée. Un nouveau groupe a été créée, « Openspace project », qui se base lui sur le principe du dialogue avec Linden Lab. Des propositions ont même déjà été soumises.

Merci à Siddharta Timeless (coordinateur des groupes pour la survie des openspaces) pour ces précieuses informations qui contredisent les oui-dires disciminés un peu partout par des gens qui se plaisent à intenter de faux procès à la firme américaine. OpenSpace Project, -SOS- deutschland et Linden Private Estate Owners sont les principaux groupes actifs sur le mouvement

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LeoMaxx Sautereau
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Le 6 mai 2008 à 13 h 48 min   

Vendredi 25 Avril, l’ancien big boss de Linden Lab, Philip Rosedale était en visite dans la capitale où pose la grande dame de fer. Une rencontre organisée par une agence privée, Community Chest qui possède bon nombre d’intérêts dans Second Life (Liberta par exemple), est à l’origine de cet évènement vendu comme exceptionnel. Finalement ce ne sera qu’une conférence de presse où se sont réunis une vingtaine d’acteurs de la scène française du métavers. Une sélection apparemment pas très représentative de cette communauté mais les questions posées auraient été pour la plupart pertinentes et exhaustives.

Les médias parlent beaucoup de Philip Rosedale ces temps-ci, il faut dire que notre hérisson blond au look de surfeur (mais seulement sur le web) sait se vendre et s’imposer. Récemment écarté (de lui-même) de la direction de Linden Lab, l’homme n’en reste pas moins très actif sur le développement de Second Life. D’ailleurs, s’il a décidé de déléguer les tâches de CEO à Mark « Mr M » Kingdon, c’est pour mieux se consacrer à l’épanouissement de son metavers.

Philip Rosedale n’est pas qu’un simple golden boy au sourire Colgate. Si son nom est généralement rattaché au projet Second Life, son expérience était déjà plutôt flatteuse avant qu’il ne se lance dans ce grand chantier. En 1996, il est notamment nommé vice-président de RealNetworks et dirige quelques uns des grands programmes informatiques de la décennie, en particulier le programme RealVideo qui démocratise le streaming vidéo sur les petites connexions (56k à l’époque). On lui doit également le lecteur RealPlayer (le lecteur le plus utilisé par le grand public à un certain moment) et le RealSystem G2.
Une chose est sûre, Rosedale n’est pas né de la dernière pluie.. et pourtant!

Ces derniers mois, l’homme a essuyé une volée de critiques liées à l’organisation chaotique du metavers, à des stratégies de développement  » improvisées  » et à une maintenance du client SL proche du calamiteux. Il était temps que Rosedale prenne les voiles et laisse place à une tête neuve, porteuse d’espoirs pour les joueurs pessimistes. Mais Philip reste conseiller de Linden Lab et semble plus présent que jamais !

La communauté francophone de Second Life est qualitativement la 4ème en terme d’affluence. Elle se hissait récemment en troisième position, juste derrière les Etats-Unis et l’Allemagne mais vient de se faire damner le pion par nos amis japonais. Une petite crise traverse actuellement les mangeurs de saucisson sec.
Les quelques mesures qui ont été prises depuis environ 9 mois n’ont effectivement pas aidées à attirer les joueurs pratiquant la langue de Molière.
La TVA sur les transactions tout d’abord, conçue pour compenser la valeur exponentielle de l’euro, a été très mal perçue (même si pour l’intérêt collectif, ce fut quelque part une justice). Sans compter que nous attendons toujours une localisation française digne de ce nom (interface toujours en bêta et le site toujours pas en français, un vrai scandale !). Les français ont donc le sentiment d’être laissés pour compte et une intervention d’un major de Linden Lab ne serait vraiment pas superflue…

L’agence privé Community Chest, qui possède de nombreuses activités dans Second Life comme la région très jalousée Liberta, a eu l’initiative d’inviter Philip Rosedale à Paris pour une conférence de presse réunissant une vingtaine d’acteurs de l’information SLienne, sélectionnés partialement (aucun membre du SLObserver n’était présent, pourtant l’un des meilleurs blogs sur Second Life). Mais contrairement à ce qui a été dit, l’ami hérisson n’est pas venu spécialement pour l’occasion puisque sa journée était composée de multiples interventions comme des interviews dans des quotidiens nationaux… Ah la com !
Doit-on dénigrer cette présence pour autant ?
Non, car si le discours de Philip Rosedale était calibré comme il fallait, ce fut aussi l’occasion de récupérer de nombreuses informations sur l’avenir du métavers et sur les efforts conduits pour préserver une présence francophone dans le monde virtuel.

Lors de son intervention à Paris, le monsieur se serait voulu particulièrement rassurant, voir enthousiaste comme l’aurait fait un homme politique en période de crise. Quoiqu’il en soit, les résultats sont là et Linden Lab serait finalement plus actif qu’il n’y parait…

Les points-clés de son intervention (Par Fred Cavazza) :

* Utilisation plus importante d’outils  » Open Source  » (pour plus d’économies)

* Utilisation de Mono comme moteur de script (plus performant), déjà implanté dans la dernière bêta si j’en crois le blog officiel de Linden Lab

* Présentation des améliorations liées au moteur de recherches

* Amélioration de la gestion de contenus HTLM (en mode lecture/écriture pour faciliter le travail collaboratif)

* Présentation du SpaceNavigator pour Second Life (périphérique facilitant l’utilisation du metavers, notamment pour builder et se déplacer)

* Déconcentration des serveurs de données, en déléguant une partie à des acteurs extérieurs (exemple : IBM)

* Abandon d’un système en Peer to Peer (trop contraignant à mettre en place)

* Discussion à propos des gros problèmes de maintenance de ces deux derniers mois mais aucune échéance. Prenez votre mal en patience…

* Discussion à propos de l’internationalisation de Second Life, avec notamment l’ascension des joueurs japonais.

* Discussion à propos du maintien des nouveaux joueurs sur la Grid qui se découragent trop vite (solution ?)

* Problème de la quantité de données nécessaires (100 fois supérieur à celles de World of Warcraft), Second Life est un monde extrêmement vaste !

* 550.000 utilisateurs réguliers (plus de 3 H par mois) mais forte progression du temps de connexion moyen

* Problématique de la TVA pour les joueurs européens (cela fait fuir les investisseurs, bien que, même taxées, les transactions restent plus intéressantes en euro
qu’en dollar)

* Relativisation (prudente) de la concurrence de mondes virtuels. Les deux concurrents les plus sérieux sont There et HiPiHi.

* Phase techno-philosophique : Second Life comme précurseur du web 3.0

* OpenSim est une incroyable initiative pour faire de la rétro-spécification, Linden Lab souhaiterait connecter des OpenGrids à la grille officielle.

* Point sur l’organisation de Linden Lab. Selon Rosedale, la stratégie sur le long terme serait de se considérer comme une société de services mais qui ferait
abstraction des tâches de régulation et de contrôle.

* A propos des Sud-coréens et de Kart Rider : une incroyable réussite pour les plateformes de jeux en ligne et pour les micro-transactions, une expérience sociale
beaucoup plus informelle et simpliste car fondée sur le jeu

* A propos des terminaux mobiles : il serait très complexe de reproduire l’expérience d’immersion sur un terminal mobile à cause de trop petit écran ;

* Expérimentations pour faire tourner SL sur un client léger (Ajax, Flash…)

* Version française du player n’est pas encore tout à fait achevée, mais ils y travaillent encore…

Quelques « curieuses  » remarques : la première est que Philip Rosedale envisage une maturité de son client dans une dizaine d’années… Voilà qui fait peur et intrigue en même temps, sachant que Second Life semble légèrement glisser vers le bas, alors qu’il devrait encore profiter de la vigueur de sa jeunesse. La seconde curiosité est l’intérêt porté pour les OpenSims (Grids alternatives, indépendantes et gratuites). Rosedale souhaiterait qu’elles puissent être connectées à Second Life, car elles apporteraient énormément au monde SL. Un propos un peu hypocrite et faussement naïf, car notre hérisson blond sait bien que les OpenSims ont été crées pour la plupart pour se détacher de Second Life et que structurellement, ce pont entre les deux mondes est tout bonnement impossible compte tenu des règles intérieures qui n’ont absolument rien à avoir.

La bonne nouvelle c’est que Linden Lab semble placer Second Life dans une période transitoire et que les déconvenues qui agacent les joueurs ces derniers temps semblent progressivement en voie de disparition. Contrairement à ce que disent les mauvaises langues, les dirigeants de Linden Lab ne font pas la sourde oreille mais semblent déborder par l’étalement de leur monde virtuel. Il semble en effet que le groupe américain se lasse de tout prendre à charge, notamment des domaines qui ne sont pas leur cœur de métier (la régulation) et il se pourrait que des sociétés externes viennent se greffer à l’avenir pour décharger l’initiateur du projet (exemple : IBM qui pourrait s’occuper d’héberger des serveurs, même si ces derniers ne concerneraient que leurs propres activités pour le moment).

Second Life est également un programme gourmand, que ce soit en quantité de données archivées ou en bande passante (d’où le lag). L’introduction de « Mono » comme moteur de script pourrait délester le programme du .Net Framework (protocole de traitement du langage LSL utilisé dans les scripts) et apporter un peu de fluidité comme le fait Havok4 (même si ce n’est pas significatif à première vue). Ces grandes problématiques du monde virtuel ne sont donc pas rangées dans le cahier des charges d’un aveugle et les volontés d’amélioration du jeu sont bien plus palpables que ne l’est le fantôme d’Elvis.

Toutefois le point noir de cette conférence reste malheureusement le ton « politique » de Philip Rosedale : beaucoup de promesses, de belles phrases et de beaux gestes à l’italienne, mais concrètement nous attendrons les résultats. Quoiqu’il en soit, l’évènement aura certainement apporté un bon point : Linden Lab n’oublie pas ses joueurs… du moins dans le discours !


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LeoMaxx Sautereau
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Le 26 avril 2008 à 15 h 12 min   

Vendredi 25 Avril, l’ancien big boss de Linden Lab, Philip Rosedale était en visite dans la capitale où pose la grande dame de fer. Une rencontre organisée par une agence privée, Community Chest qui possède bon nombre d’intérêts dans Second Life, Liberta par exemple, est à l’origine de cet évènement vendu comme exceptionnel. Finalement ce ne sera qu’une conférence de presse où se sont réunis une vingtaine d’acteurs de la scène française du métavers. Une sélection apparemment pas très représentative de cette communauté mais les questions posées auraient été pour la plupart pertinentes et exhaustives.

C’est donc dans un look de surfeur en costard que Philip Rosedale a répondu aux inquiétudes des joueurs français quant à l’évolution chaotique du monde virtuel. Le monsieur se serait voulu particulièrement rassurant, voir enthousiaste comme l’aurait fait un homme politique en période de crise. Quoiqu’il en soit, les résultats sont là et Linden Lab serait finalement plus actif qu’il n’y parait…

Etant donné qu’aucun des membres du SL Agora n’a été invité à cette rencontre, je vous ai retransmis un excellent résumé de Fred Cavazza, paru dans le blog Virtual Paris 2007 :

Les points-clés de son intervention (Par Fred Cavazza) :

  • Ils vont progressivement utiliser des briques technologiques open source (si elles apportent plus de performances) ;
  • Ils vont basculer sur Mono comme moteur de script (car il est bien plus performant) ;
  • La version 1.2 du player n’est qu’une release mineure pour le moteur ; graphique, mais une grosse amélioration pour l’interface (”l’iPod des univers virtuels“) ;
  • Beaucoup d’effort sur le nouveau moteur de recherche ;
  • Un chantier toujours en cours et il reste beaucoup de travail ;
  • Amélioration prochaine de la gestion de contenus HTLM (en mode lecture/écriture pour faciliter le travail collaboratif) ;
  • Le Space Navigator est un périphérique fantastique pour mieux se déplacer et interagir avec l’environnement ;
  • Il existe déjà 3 data centers mais ils travaillent sur la possibilité d’externaliser une partie de l’infrastructure (reste à finaliser les aspects techniques et de modèle économique) ;
  • Pas de P2P pour le moment car c’est un protocole bien trop complexe à gérer (permissions…) ;
  • Beaucoup de problèmes de stabilité en Avril à cause d’opérations de maintenance importantes ;
  • SL est maintenant beaucoup plus international qu’avant (grosse progression des résidents japonais) ;
  • Généralement les nouveaux venus abandonnent tout de suite ou deviennent des fidèles (pas d’entre-deux) ;
  • Il y a beaucoup de choses à découvrir dans SL donc ceux qui restent après la première impression sont réellement bien immergés (WoW = 15 Go, SL = 10 To !) ;
  • 550.000 utilisateurs réguliers (plus de 3 H par mois) mais forte progression du temps de connexion moyen ;
  • Il existe une grosse frustration pour les prestataires européens qui doivent s’acquitter de la TVA (ils cherchent une solution fiscale…) ;
  • Il n’y a aucun concurrent direct pour le moment, ils ne cherchent pas à concurrencer Habbo ou Barbie Girls car ce sont des univers fermés. There est certainement l’univers le plus proche, HiPiHi aussi !
  • SL est comme un socle technologique qui va nous amener vers un web en 3D ;
  • OpenSim est une incroyable initiative pour faire de la rétro-spécification, ils adoreraient connecter OpenSim à la grille SL ;
  • Concernant le développement de Linden Lab, ils se voient toujours comme une société de service (plus que comme un organe de régulation), pas de rachat en vue ;
  • A propos des Sud-coréens et de Kart Rider : une incroyable réussite pour les plateformes de jeu en ligne et pour les micro-transactions, une expérience sociale beaucoup plus informelle et simpliste car fondée sur le jeu ;
  • A propos des terminaux mobiles : il est très complexe de reproduire l’expérience d’immersion sur un terminal mobile à cause de trop petit écran ;
  • Il existe des expérimentations pour faire tourner SL sur un client léger (Ajax, Flash…) ;
  • la VF du player n’est pas encore tout à fait achevée, mais ils y travaillent encore…

Quelques « curieuses » remarques : la première est que Philip Rosedale envisage une maturité de son client dans une dizaine d’années… Voilà qui fait peur et intrigue en même temps, sachant que Second Life semble légèrement glissé vers le bas, alors qu’il devrait encore profiter de la vigueur de sa jeunesse. La seconde curiosité est l’intérêt porté pour les OpenSims (Grids alternatives, indépendantes et gratuites). Rosedale souhaiterait qu’elles puissent être connectées à Second Life, car elles apporteraient énormément au monde SL. Un propos un peu hypocrite et faussement naïf, car notre hérisson blond sait bien que les OpenSims ont été crées pour la plupart pour se détacher de Second Life et que structurellement, ce pont entre les deux mondes est tout bonnement impossible compte tenu des règles intérieures qui n’ont absolument rien à avoir.

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Alex Castaignede
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Le 17 avril 2008 à 15 h 52 min   

La démission de Philip Rosedale de son poste de PDG de Linden Lab, société qu’il a créée, a provoqué des réactions dans la presse française pour le moins hâtives. Certes, P.Rosedale, en tant qu’inventeur de Second Life, est une figure emblématique des mondes virtuels, mais de là à laisser entendre la fin des mondes virtuels, il n’y a eu qu’un pas qu’un quotidien de référence comme le Monde n’a pu s’empêcher de franchir.

Le titre de l’article (17 mars 2008) est pourtant assez modéré et correspond à la réalité : « Second Life cherche un second souffle ». Mais c’est au contenu qu’il ne correspond pas, un contenu alarmiste et parfois surprenant. On y trouve en effet un « début de la fin », un « départ des marques » avec comme exemple Coca-Cola et AOL – la première est pourtant toujours présente – et cette phrase : « Certes, le nombre d’abonnés est toujours en progression, mais à un rythme moindre (moins de 5 % par mois) comparé à la période faste d’octobre 2006 où il s’établissait à près de 50 %. » Un rythme mensuel sur une brève intervalle d’un mois me laisse un peu songeur. Mais le summum est la dernière phrase de l’article, réglant le compte des mondes virtuels sous la forme d’une question induisant une réponse affirmative : « Le soufflé des mondes virtuels serait-il en train de retomber ? ». Comme le remarque le blog www.imarginal.com, cette question démontre « une méconnaissance de la tendance actuelle : 100 millions de visiteurs dans plus de 35 mondes virtuels et 1 milliard de $US investis l’an passé dans ces univers, par des groupes tels que Walt Disney — et AOL vient de racheter le site Web de réseautage social Bebo pour un montant de 850 millions $US, société qui prévoit d’investir massivement dans les Métavers. Si Coca Cola quitte SL, IBM, NEC, Lancia y construisent de nouvelles îles et le Consortium NMC de 250 universités et musées américains travaillent aujourd’hui dans plus de 100 îles… »

Une banque française particulièrement implantée sur Second Life n’a pas tardé à répondre à l’article du Monde, avançant en cela ses annonces par rapport à la date initialement prévue. Le Crédit Agricole Pyrénées Gascogne confirme en effet son intérêt pour les mondes virtuels (La Tribune du 21 mars 2008) et sa volonté de s’implanter durablement sur Second Life. Sa présence s’articule en trois points : la communication, l’offre de services à ses clients et la formation. Laissons d’abord la parole à la Tribune : « Comme l’explique Jean Philippe, directeur général de la caisse, « aujourd’hui en matière de banque, il existe une importante masse d’informations à traiter. Sur Internet, les pages Web se succèdent, mais l’internaute décroche très vite. Or, l’humain réfléchit en trois dimensions : Second Life permet de mettre en pratique cette conception ». Concrètement, l’avatar se promène dans un univers qui lui permet d’avoir accès facilement à l’ensemble des informations dont il a besoin sur tel ou tel thème. Des panneaux d’affichage ou des dossiers sur étagères que l’utilisateur sélectionne lui permettent d’accéder aux pages Web explicatives. Pour toute question particulière, l’avatar peut, en cliquant sur son clavier, être mis en relation en direct avec un conseiller de clientèle qui répond à ses questions. » L’avatar peut également ouvrir un compte, commander des cartes bancaires ou obtenir des devis. Mais Second Life n’est pas seulement pour la banque un outil de communication ou de commercialisation puisqu’elle compte dorénavant organiser sa formation interne dans le monde virtuel. Ce dernier permet en effet de disposer de la plupart des techniques de communication et de réaliser des économies substantielles sur les coûts de formation.

Le 25 mars 2008, le quotidien Les Echos, s’appuyant sur son confrère britannique The Economist, élargit la question à celle des mondes virtuels en général. Des pionniers de l’internet comme Compuserve et Prodigy ont disparu alors qu’AOL, autre pionnier, a dû changer radicalement sa stratégie. « Les deux principaux phénomènes des dernières années, les sites communautaires comme Facebook et les univers virtuels comme Second Life, ressemblent à s’y méprendre à l’AOL de 1994. Ce sont des mondes fermés, fondés sur des normes exclusives. » Une touche d’humour termine l’article : « En tout cas, selon The Economist , Philip Rosedale, le créateur de Second Life, s’est plongé dans les coupures de presse sur AOL… afin d’éviter de connaître le même sort. »

Pierre-Olivier Carles, spécialiste des mondes virtuels, livre sur son blog www.pocarles.com une analyse que la presse économique pourrait envier. Il commence par un état des lieux qui n’a rien d’alarmant. « Philip Rosedale est, sans nul doute, le visionnaire qui a réussi le tour de force de créer et de lancer ce que personne n’avait pu faire avant : un univers persistant, en 3D, qui permette à chacun de créer son propre contenu, d’assurer à chaque créateur qu’il possède bien, juridiquement parlant, le contenu qu’il aura créé et d’asseoir le tout sur une plate-forme économique disposant de sa propre devise. C’était en Juin 2003. A ce jour, en Mars 2008, aucun autre Monde Virtuel sur les 250 qui existent, n’est capable de faire cela avec la même facilité, stabilité, envergure et sécurité. (…) Linden Lab est une entreprise d’environ 250 personnes, qui compte à son capital quelques uns des plus solides fonds d’investissement de la Silicon Valley, comme Benchmark Capital, par exemple, ou le fond de Pierre Omidyar (fondateur d’Ebay et business angel pragmatique). L’entreprise est réputée rentable, sur un business model principal d’hébergeur de servers, vieux comme le web et extrêmement profitable de part les tarifs pratiqués. » Il ajoute ensuite que Second Life ne laisse pas indifférent de grands groupes comme IBM, eBay), Cisco, Intel ou encore Microsoft, sans parler de Google qui n’est pas évoqué dans l’article. Enfin, Pierre-Olivier Carles explique que la société est entrée dans une phase de maturité, passage obligatoire dans le cycle de vie d’une entreprise, sans pour autant nier qu’elle traverse une crise. Mais les crises ne sont-elles pas elles aussi un passage obligé dans toutes les organisations ?

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