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LeoMaxx Sautereau
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Le 28 octobre 2008 à 20 h 58 min   

La politique tarifaire foncière de Linden Lab est toujours aussi énigmatique. Hier matin, nous apprenions sur le blog officiel de l’éditeur que le prix des openspaces allait augmenter (+ 40 %) ainsi que les frais de maintenance (+ 67 %). Une annonce qui ajoute encore un peu plus de passion chez les utilisateurs de plus en plus hostiles à l’attitude controversée de la firme américaine. Cela dit cette décision reste tout à fait logique et nécessaire.

C’est encore une fois une vraie douche froide pour les propriétaires d’openspaces qui vont devoir s’affranchir d’une augmentation conséquente du prix de leur terre. Le « loyer », correspondant aux frais de fonctionnement, va passer de 75 US$ à 125 US$ par mois. Quant au prix d’achat, il vous en coûtera 375 US$ au lieu de 250 US$ auparavant. Cette mesure sera effective à compter du 1er Janvier 2009. Pour (maigre) compensation, Linden Lab s’engagera à transférer l’intégralité des openspaces existantes en classe 5 (c’est à dire avec moins de lag). Seul problème, la plupart de ces lands ont déjà été upgradés à ce niveau.

Autre changement d’importance, il semblerait qu’il ne soit plus possible que les propriétaires de « full sim » puissent revendre à des tiers des openspaces qu’ils auraient achetés. L’achat d’une openspace implique que l’acheteur doit déjà être propriétaire d’un full sim. Ainsi les sims owners passaient commande pour d’autres qui n’avaient pas ce genre de land.

Une décision maladroite mais nécessaire

Cette décision n’a absolument rien à voir avec le prix des serveurs, qui par ailleurs, est en constante diminution. Cette augmentation tarifaire assez conséquente a pour objectif de stopper l’expansion massive des openspaces, et des lands de manière générale. Demain, je publierai la suite de notre dossier « Second Life est-il… » consacré à la dynamique économique du monde virtuel. J’y consacre une partie importance à ce phénomène foncier préoccupant. En effet, depuis un an, le nombre de sims a tout simplement triplé, ce qui pose le problème de la viabilité de ces régions, qui risquent de devenir invendables.

Deux solutions s’offraient donc à Linden Lab. Soit l’éditeur se résignait à stopper temporairement la livraison de lands, soit il décidait d’augmenter sa feuille tarifaire afin de réguler le volume foncier. C’est donc cette deuxième solution qui a été choisie (à mon avis la meilleure), ce qui aura pour conséquence la fermeture de nombreuses régions. Nibb Tardis, de la région Terra Virtualis, et Netpat Igaly, de la région Admicile, ont déjà annoncé qu’ils fermeraient leurs openspaces avant Janvier 2009. Une hécatombe ? Pas sûr. Tout simplement une remise à plat du système qui obligera les responsables de sims à optimiser leurs espaces. Face à l’invasion des lands « morts », nous pouvons d’ors et déjà penser que cette mesure est pour le moins indispensable.

Linden Lab, dépassé par son produit ?

Toutefois, si pour ma part j’estime cette mesure est juste et logique pour l’intérêt collectif, je ne félicite pas l’éditeur pour sa rigueur. Le programme foncier de la firme de San Francisco est pour le moins chaotique, voir inquiétant. En effet, cette augmentation des openspaces survient cinq mois après un rabais dans lequel elle s’était engagée à stabiliser ses prix. Nous pouvons déplorer le manque d’anticipation, qui traduit bien des lacunes de gestion.

« So Openspaces have been incredibly popular as a perk for estate owners, but sadly there is a twist. Unfortunately most of the Openspaces are being used for much more than light use.  Based on analysis performed in August and September, Openspaces are being used about twice as much as we expected, in other words being loaded with double the content/avatar load than we’d expect for a region that is supposed to be light use. » Jack Linden

Selon Jack Linden, Linden Lab aurait sous-estimé le succès des openspaces, à tel point qu’ils doivent faire aujourd’hui machine arrière. Il est bien difficile de croire une telle affirmation quand on constate l’explosion des lands depuis deux ans maintenant. Bref, soit l’éditeur est incompétent, soit il se moque de ses utilisateurs. Dans les deux cas, c’est assez inquiétant…

LeoMaxx Sautereau

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LeoMaxx Sautereau
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Le 24 mai 2008 à 15 h 07 min   

Les OpenSims sont des mondes virtuels indépendants et libres utilisant le client de Second Life. Elles ont été crées dans l’objectif de proposer une alternative au métavers que nous connaissons tous. Second Life se voulait être un monde libre, il en sera une nation ceinturée de contraintes gouvernées par le dictat du billet vert américain. L’Eldorado est mort, place maintenant à un univers logique et dynamique qui s’adapte aux difficultés d’une population massive et croissante, image d’une société RL mondialisée. Les OpenGrids ont été conçus comme une rébellion à ce phénomène. En utilisant les ressources opensources de SL, ces programmes audacieux font le pari de proposer aux joueurs la matérialisation des souvenirs qu’ils ont dessinés à l’époque de la construction de Second Life : un univers quasi-anarchique et de partages. Les OpenSims, utopie ou véritable compromis ?

Second Life, un contenant critiqué par son contenu

Malgré sa gratuité apparente, Second Life est lourdement contesté par son culte du mercantilisme et de l’ultralibéralisme. L’argent y est omniprésent, de même que certaines dictatures culturelles (pratiques du sexe, gouvernance du « wasp system », diffusion de musiques essentiellement commerciales…). SL c’est un téléchargement libre et gratis, mais qui implique quasi-systématiquement l’usage de la carte bleue, parfois de manière compulsive. Un concept qui n’est pas toujours du goût de tout le monde et pas seulement des barbus de partis trotskistes.

Alors, il est vrai, Second Life c’est une plate-forme, autrement dit un contenant sur lequel nous faisons ce que nous voulons. Par conséquent il n’est pas « directement » responsable de ce qu’il héberge (ça sera bientôt le communiqué officiel de Linden Lab). Le problème vient surtout d’un contenu globalement influencé par les contraintes de la mode, et donc d’un certain cadre commercial. Cet environnement du « tout-fric », régit par un cadre législatif pompeux (les trademarks) et dynamisé par un directoire culturel, tout ça étouffe un certain public nostalgique de la Terre Promise des premières heures de Second Life : un espace de libertés et de libre expression, pas cette arène étriquée où le citoyen se confond avec l’esclave.

Mais qu’est ce que c’est, concrètement, une OpenGrid ?

Les OpenGrids (car OpenSim renvoie plutôt à une sim) ressemblent à Second Life mais ce n’est pas Second Life, elles n’y sont d’ailleurs pas connectées (pour le moment). Elles s’en distinguent totalement, sauf pour ce qui est de son interface et de son environnement graphique qui sont réutilisés. Ces mondes virtuels se veulent être des alternatives à celui de Linden Lab. Son contenu varie d’ailleurs en fonction de la grille. Soit elles sont spécialisées et proposent une thématique particulière (ex : l’écologie, la musique), soit elles sont plus généralistes et leur particularité vient plus du fait de leur système interne (argent, principes, valeurs etc…).

Les OpenGrids sont apparues quelques mois après la décision de Linden Lab d’ouvrir les codes sources de son client phare : Second Life. Par conséquent, les programmeurs amateurs ont tous loisirs d’exploiter et remodeler les fichiers proposés par l’éditeur, dans le cadre des règlements de la licence tout de même (un logiciel open source ne peut pas être employé n’importe comment non plus). De cette mesure est né un programme particulier : OpenSimulator (http://opensimulator.org/). Ce dernier vous permet carrément d’installer une GRID indépendante des serveurs de Linden Lab sur un système domestique.

Pour les installer, deux moyens s’offrent à vous:

- Le premier est d’héberger votre grille en locale, sur votre PC. Ce système vous permet d’installer gratuitement un monde virtuel sur un réseau à faible étendu. Il est toutefois peu adapté aux connexions distantes en raison des faibles débits de l’ADSL (pas plus de 20 Mégas, alors que la bande passante exigée pour un jeu en ligne est extrêmement gourmande, souvent plus de 100 Mégas sont nécessaires). Donc à moins de bénéficier d’une connexion à fibre optique (100 Mégas asymétrique: bande passante entrante ET sortante), il est quasiment impossible d’administrer un Second Life bis à la maison. Toutefois ce procédé peut parfaitement s’adapter dans une entreprise par exemple. D’ailleurs, il semble que quelques établissements de la Silicon Valley se soient amusés à reproduire leurs bâtiments en 3D dans un monde (pas si) virtuel interne. Amusant!

- La seconde option est d’installer la grille sur des serveurs particuliers. C’est la solution la plus courante pour organiser une OpenGrid avec des connexions extérieures. Ce système permet de reproduire à l’identique le fonctionnement de Second Life (nos avatars et nos sims sont installés sur des serveurs appartenant à Linden Lab). Toutefois ceci à un coût… élevé, pour un particulier. La location d’un serveur coûte la bagatelle de 60 à 250 euro TTC par mois en fonction de ses caractéristiques techniques, sachant qu’il ne peut qu’héberger que deux ou trois sims s’il veut conserver des performances décentes. Le concept de gratuité est alors remis en cause, puisque les propriétaires de grilles qui louent ou achètent leurs serveurs sont souvent obligés d’amortir leurs frais sur les résidents. Sur la grille The New World Grid par exemple, l’inscription est gratuite mais la propriété d’une sim vous coûtera environ 30 euro TTC par mois. Des tarifs qui sont toutefois TRES largement inférieurs à ceux de Second Life (1200 euro à l’achat + 100 euro TTC par mois environ). Enfin quoique… car si nous prenons le cas de OpenLife Grid, le forfait mensuel atteint tout de même 75 à 90 US$ !

Les Opengrids s’adressent à un public large mais informé

Les OpenGrids sont pénalisées par deux handicaps. Le premier est l’amalgame fait entre toutes ces grilles alors qu’elles se veulent indépendantes, non seulement de Second Life, mais également entre elles. La plupart des fondateurs expriment cependant le souhait de pouvoir les connecter un jour ensemble. Ce principe provoquerait toutefois une série de problèmes comme les règles internes propres à chaque grid et qui exigeraient une validation de ce code de conduite et de principes. Difficile mais pas impossible. La pertinence d’une telle association est toutefois à développer.

La seconde limite c’est le manque d’informations à leurs sujets. Certes le projet est encore récent, mais il peine à se propager dans les esprits, y compris dans celui des résidents de Second Life. Une grosse campagne de promotion est donc à prévoir, et si possible, sous forme de coalition entre toutes les OpenGrids.

Des projets ambitieux et courageux mais la concurrence avec Second Life risque d’être difficile

Malgré les chatouilles de There, Second Life reste le maitre incontesté des mondes virtuels. Les OpenGrids ont donc du pain sur la planche pour s’imposer sur ce terrain, déjà bien connu de la firme de San Francisco. De plus, une seconde difficulté s’ajoute : celle de la pertinence des mondes virtuels tout simplement. Le web 3D cherche encore sa voie et les mauvaises langues lui prédisent déjà un terminus rapide dans une benne à ordure. Mais ce débat n’est pas seulement celui des postillonneurs d’acide, mais aussi des grands esprits créateurs de cette nouvelle façon de concevoir l’internet de demain. Reconnaissons quand même que la tâche s’avère, pour l’instant, bien plus laborieuse que celle du web 2.0, notamment à cause du manque d’ergonomie et d’intuitivité des outils du « web 3.0″.

Le destin des OpenGrids peut paraitre bien incertain aujourd’hui, sans compter que le logiciel OpenSimulator n’est toujours pas disponible dans une version stable (mais fonctionne correctement compte tenu de son statut de « alpha »). Ce handicap pourrait poser un problème à moyen voir à court terme. Cependant, Philip Rosedale a évoqué son intérêt pour ces dernières. A défaut de donner raison à la bonne foi de l’ancien patron de Linden Lab, cette association pourrait donner un bon coup de bambou aux « mondes libres », à condition pour cette collaboration se base sur la complémentarité. Ceci n’a toujours pas été défini, mais nous nous doutons bien que Linden Lab ne se laissera pas déglutir par ces projets open-sources dont il est lui-même à l’origine.

Un premier bilan encourageant mais contrasté

Techniquement, les OpenGrids sont tout simplement un petit exploit. Certes le support logiciel n’est pas au point, mais en l’état actuel des choses, son fonctionnement satisfait à peu près ceux qui l’utilisent, et sa marge de progression en termes de fonctionnalités est énorme. En seulement un peu plus d’une année, 19 grilles « libres » sont nées, avec des affluences actuelles allant de 15 résidents (Grid Splash) à 21 000! (OpenLife Grid). Un développement spectaculaire dans les coulisses des mondes virtuels, même si sur la grande scène, ces projets restent encore à distinguer.

Les volontés sont présentes, en dépit des obstacles techniques, notamment les bugs et les plantages en chaîne! Une limite, qui a déjà été évoquée un peu plus haut, concerne les performances des serveurs qui dépendent à la fois de leur puissance de calcul (il s’agit finalement d’un ordinateur) et le débit qu’ils peuvent échanger (100 Mégas ou 1 Giga). Evidemment, les serveurs de gros volume offriront des résultats excellents mais leurs tarifs onéreux feront qu’ils seront chasse gardée des gros porte-monnaie. Si les OpenGrids revendiquent le concept de gratuité, il est bien dommage que l’argent y soit, quoiqu’en dise, omniprésent.

Ces petits bémols ne découragent pas les ambitions de patrons d’OpenSim, bien au contraire! Un enthousiasme qui inquiéterait même certains owners de lands, qui y verraient une concurrence déloyale et agressive, notamment si ces grilles sont connectées au programme de recherche de Second Life. Quoiqu’il en soit, les OpenGrids vous permettent de créer votre sim de 65 556m² à moindre frais, en bénéficiant en plus de 45 000 primitives au lieu de 15 000 dans SL! Une offre bien sympathique, même s’il vous faudra vous passer des foules en délire applaudissant votre travail. En effet, le succès public des grilles ouvertes est encore bien somnolent. Le temps nous dira s’il se réveillera…

Petit tremblement de terre au pays du foncier SLien. Les dirigeants de Linden Lab ont pris hâtivement la décision de baisser lourdement les prix d’achat des sims privées. Une annonce qui n’est pas sans conséquences. Les futurs acquéreurs sont aux anges et les sims owers en place tapent du poing.

Si le ministère de l’Economie et des Finances français vient de prendre la décision de rallonger la période des soldes d’une semaine, Linden Lab ne semble pas avoir attendu ce décret pour passer un bon coup de balai sur le prix des sims privées. Sur les étalages du marché des sims, le joueur pourra observer qu’un Land est passé de 1675US$ à 1000US$, soit un coup de serpe de 40,3 %! A première vue c’est plutôt une bonne nouvelle, mais à s’y pencher un peu plus, l’analyse de cette opération d’atomisation du foncier laisse un désagréable goût d’amertume pour les sims owners déjà en place. La société américaine semble quelque peu avoir improvisée cette décision, alors pourquoi une action aussi soudaine ? Nous essaierons de voir ce qui a poussé la « main verte » à solder ces terres… Une annonce à relativiser selon les points de vue.

Avant de rentrer dans les détails, il est important d’apporter quelques éléments d’explications à vous lecteurs, qui ne sont pas toujours au courant de ce qui se passe chez les papes du foncier virtuel. Il faut savoir qu’il existe deux types de sims (même trois avec les OpenSpaces mais nous nous concentrerons sur l’essentiel) :
1/ Les sims appartenant à Linden Lab. Ce sont des terrains que l’on appelle « MainLand ». Vous ne pourrez pas acquérir l’une de ces îles qui sont la propriété de l’éditeur américain. En revanche, il vous est possible d’y acheter un terrain (sans qu’il vous appartienne vraiment, voir l’article de Nougatine Nikitin : « Faut-il être propriétaire ou locataire » – SLAgora Numéro 01, Avril 2008).
2/ Les sims privées. Pour faciliter l’expansion de Second Life, et donner libre champs aux « créations topographiques » de ses joueurs, Linden Labs a proposé la mise en vente de sims que les acquéreurs pourraient modeler selon leurs désirs. Mais le sentiment de possession s’arrête là puisque le « sim owner » est contraint de payer un « loyer » mensuel (appelé « fee ») correspondant approximativement à 10 % du prix d’achat. Ces sommes sont censées contribuer à financer la maintenance des serveurs sur lesquels sont hébergées ces îles (qui ont le même statut qu’un site web finalement). Une sim n’appartient donc pas vraiment à son propriétaire (sauf pour les OpenSims auxquelles nous consacreront un dossier au mois de Juin). En revanche, l’administrateur de l’île a le droit de faire ce qu’il veut comme vendre ou louer des lots (que l’on appelle « parcelle » dans SL).

La vente ou location de parcelles ont donné naissance à un énorme business sur Second Life qui a profité à quelques joueurs devenus des chauffeurs de Roll’s Royce. C’est le cas du « symbole » Anshe Chang, la célèbre millionnaire chinoise qui a construit tout son pécule sur l’immobilier SLien. Cette fortune improbable a donné des idées à beaucoup mais aujourd’hui cette bulle spéculative ne laisse plus beaucoup de place aux plus values gargantuesques. Et pour cause… les prix de l’immobilier font du yoyo!
Tout cela vous paraitra un peu compliqué alors je vais essayer de vous expliquer comment cela marche. Il faut savoir que pour une raison x ou y (en fait des milliers de raisons, c’est pour ça que l’on a du mal à les identifier), les prix du foncier/immobilier en RL comme sur SL évoluent positivement ou négativement. Quand vous achetez un terrain à un instant A et qu’à l’instant B, le prix a monté, il est intéressant de le revendre pour gagner un bénéfice par rapport au prix de vente (appelé « plus-value »). Mais si au contraire le prix a baissé et que vous décidiez quand même de vendre votre terrain, vous perdez de l’argent. Cela fonctionne exactement de la même manière sur SL, à une tendance près : la courbe des prix n’est pas aussi régulière qu’en RL.

Dans la réalité, les périodes de baisse ou de hausse s’échelonnent sur une dizaine d’années environ (nous sommes actuellement au début d’une période de baisse). Quand les prix montent c’est plutôt une bonne nouvelle pour les investisseurs. Par contre, si les prix baissent, cela profitera davantage aux simples acheteurs (qui souhaitent s’installer sur le long terme). Quoiqu’il en soit, il y a toujours intérêt à ce que la courbe des prix soit, d’une part régulière, et de l’autre légèrement positive (pour envisager une revente). Ce n’est actuellement pas le cas sur Second Life. En faisant descendre les prix d’une marche comme celle ci (une remise de 40 % c’est colossale!), Linden Lab frustre ses LandBarons (sims owners installés depuis un certain temps) qui ne peuvent alors plus revendre sous peine de perdre énormément d’argent. Il faut souligner que l’achat d’une sim n’est pas donné à tout le monde et que cela s’adresse à des gens disposant d’un minimum de revenus (une sim coûtait 1500 euro jusque là sans les frais de maintenance). Une telle braderie frôle donc la tarification abusive… du moins en ce qui concerne ses anciens propriétaires! Car pour le nouvel acquéreur, il est vrai qu’investir dans une sim devient désormais plus abordable, voir même très intéressant si les prix sont amenés à remonter.

Toutefois cette opération tarifaire est plombée par un handicap certain : celle de la confiance de ses investisseurs. En faisant de la courbe des prix un oscilloscope, Linden Lab prend le risque de saborder les projets sur le long terme, notamment ceux qui concernent les jeunes particuliers. Acheter une sim ce n’est pas rien, il faut donc que ce soit rentabilisé et dans un projet encore immature comme Second Life, ce principe est loin d’être évident.

Pourquoi une telle opération sur les prix ? Il existe plusieurs hypothèses à ce sujet. Une première source d’explication explique le fait que l’acquisition d’une sim devient beaucoup trop onéreuse pour le consommateur qui voudrait utiliser Second Life autrement que pour ses loisirs. Une sim s’apparente quelque peu à un site internet, les problèmes du support en plus. Si les coûts sont trop importants, les investisseurs ne sont donc pas encouragés à investir dans le metavers. Il est possible que Linden Lab cherche à séduire d’autres entreprises que des grosses firmes surpuissantes en cassant ses tarifs. Mais plus généralement, le groupe de San Francisco veut tout simplement s’ouvrir à davantage de projets, en particulier lucratifs.

Une autre explication évoque la concurrence représentée par There qui commence progressivement à déloger Second Life de son trône doré à l’or fin. Si le nombre de comptes crées sur Second Life est régulièrement toujours en hausse (bientôt 14 Millions de comptes ouverts !), il n’en est pas de même pour les comptes réellement actifs. Beaucoup de nouveaux sont découragés par le manque d’accessibilité de ce monde virtuel (sans parler des problèmes de lag actuel qui fait fuir même les bots !) et préfèrent opter pour la simplicité (sens propre comme figuré) de There qui attirent de plus en plus de mules.. euh d’émules pardon !

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Nougatine Nikitin
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Le 17 avril 2008 à 16 h 53 min   

A l’heure ou l’immobilier semble être en chute libre, et ou certains prix s’envolent, une question se pose : faut-il être propriétaire ou locataire de son terrain ?

Comme en Real Life, le rêve de tout avatar qui se respecte est de posséder un jour ses propres biens. La décision est prise, on accède donc à la propriété. Mais qu’en est –il vraiment ?
En achetant votre terrain, vous croyez en être propriétaire… Eh bien pas du tout ! Vous monnayez seulement le droit d’utiliser ce terrain. En effet à tout moment le propriétaire de la sim peut vous le reprendre sous un prétexte sérieux ou plus ou moins farfelu.
Vous devez en outre vous acquitter des tiers qui là encore semblent parfois bien fantaisistes. Les tarifs n’en parlons pas ! Quand on sait qu’à la base pour un terrain de 2098 sqm les tiers sont de 15 USD, soit environ 12€ (source SecondLife.com) et qu’on peut arriver à la somme de 30 USD (23€), cela va du raisonnable au complètement exorbitant voire même inimaginable. Certains prétextent l’ajout de la TVA pour les pays européens pour gonfler les prix et si vous n’y prenez garde les sims owners s’enrichissent grassement sur votre porte feuilles.
Mais bien sûr chacun est libre d’appliquer ses propres tarifs. Et c’est la porte ouverte aux pires abus. Je conseille de bien lire la clause de sauvegarde avant d’acheter quoi que ce soit… Ou d’avoir la chance de tomber sur un propriétaire honnête !
La solution si vous voulez être vraiment propriétaire est d’acheter en Main Land c’est-à-dire directement à Linden Lab, qui cela dit en passant ne doit pas être en reste pour remplir ses caisses. Les terrains sont un peu plus chers, mais vous êtes surs au moins que les tiers resteront du domaine du raisonnable. En contre partie vous devrez posséder un compte Premium.
Si vous êtes riche ou si vous êtes un « campeur » de profession économe, après une bonne année de camping la solution la meilleure est peut-être d’acheter votre propre sim. Vous pourrez vous prélasser sous votre palmier préféré sans trop de soucis et oublier votre dur labeur pour un temps. Vous n’aurez que vos tiers à payer à Linden Lab.

Vous ne voulez pas acheter, et vous décidez d’être locataire. Dans ce cas de figure vous ne payez donc que les tiers dont le montant est bien sur établi en fonction de l’humeur de votre owner (on en revient toujours au même). Mais là au moins vous savez d’avance que ce terrain ne vous appartient pas, donc pas de surprises. Les conditions restent cependant les mêmes que pour l’achat. Vous dépendez de votre propriétaire et d’un jour à l’autre vous pouvez vous retrouver à la rue avec votre baluchon.

En conclusion, dans les deux cas le terrain ne vous appartient pas. Vous pouvez à tout moment vous retrouver sdf en ayant perdu votre argent. Pour le locataire la perte est moindre, mais pour le pseudo propriétaire, elle peut atteindre des sommes considérables et beaucoup y ont déjà laissé leur chemise d’avatar.
Est-ce à dire que pour être résidents sur SecondLife il faut être riche ou faire flamber sa CB ? Quand on sait qu’il est quasiment impossible de gagner sa vie correctement dans ce monde virtuel on peut donc se poser la question. Une solution, investir et acheter des sims, devenir gros propriétaire terrien. Et reproduire à son tour ce pourquoi on s’insurge ?
C’est la quadradure du cercle dont on ne voit pas la fin !

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