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LeoMaxx Sautereau
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Le 5 janvier 2009 à 22 h 21 min   

Aujourd’hui 5 Janvier 2009 marque la mise en place officielle d’un nouveau type de land : les Homesteads, « évolution » des anciennes Openspaces, reléguées elles à des lands appauvris en prims et réservés aux amateurs de steppes virtuelles.

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Souvenez-vous, le 28 Octobre dernier, Linden Lab provoquait un tollé général chez ses résidents en choisissant d’augmenter de manière conséquente le prix de ses Openspaces. Ces régions sont en fait des versions allégées en primitives des sims traditionnelles dite « Full ». Elles sont beaucoup moins chères et donc plus accessibles à un large public. Le succès a été retentissant. Les résidents peu fortunés avaient accès à l’achat de leur propre sim moyennant un sacrifice modéré en prims (3750 prims au lieu de 15 000 prims théoriques, mais cela restant amplement suffisant), à tel point que les « Full sims » ont perdu en pertinence. L’éditeur a été dépassé par ce succès et n’a pas su anticiper cette croissance exponentielle de sims. Beaucoup d’openspaces ne respectaient pas nous plus leur fonction de base : être des espaces résidentielles et/ou touristiques. Linden Lab a semble-t-il été effrayé du fait que les sims conventionnelles allaient peu à peu disparaître alors que ces dernières sont assurément les plus lucratives.

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La hausse de prix des Openspaces a eu pour conséquence un séisme social dont les effets se sont fait ressentir jusque dans la presse professionnelle. Face à ses revendications, la firme propriétaire de Second Life a revu sa copie mais cette réécriture n’a que peu satisfait ses clients, puisque les nouvelles conditions sont tout simplement plus sévères que les anciennes. Les openspaces, à vocation « touristique », ont ainsi été rétrogradées à 750 prims pour une limite de 10 avatars simultanés tout en maintenant le tarif d’antan. Les sims à 3750 prims sont désormais appelées « Homesteads » (en français : propriété) mais deviennent beaucoup plus onéreuses : le prix d’achat augmente de 40 % et les frais de maintenance mensuels de 60 %). Une nouvelle limite a même été ajoutée : le nombre d’avatar est désormais fixé à 20 contre 40 auparavant.

Il est clair que par ces choix controversés, Linden Lab souhaite revaloriser les « Full prims » et corriger le fait que la création des Openspaces a été une erreur, du moins avec les options qu’ils proposaient. Mais ce faux pas a eu une lourde conséquence : en ôtant le pain de la bouche de ses résidents, la firme s’est vêtue d’une réputation encore plus ténébreuse. Une action en justice serait même en cours, même si ses chances d’aboutir sont minces étant donné que les prédispositions judiciaires de la firme américaine ont été rédigées avec doigté.

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Les procédures techniques selon Jack Linden

Le très décrié Jack Linden, responsable du département « foncier » de Second Life, a publié le 3 Janvier une note récapitulative sur les processus qui seront mis en place pour la transition de ces nouveaux systèmes de sims. Ainsi les Openspaces restent des Openspaces nominativement parlant. Cela signifie que les actuels propriétaires de ce type de sim n’auront désormais droit qu’à 750 prims. Pour celles qui en auraient déjà utilisé beaucoup plus, les régions seront redémarrées et remises à zéro.

Pour ceux qui souhaitent conserver leurs 3750 prims, il fallait enregistrer le changement avant le 1er Décembre dernier et accepter une forte augmentation (progressive jusqu’à Juillet 2009) tout en faisant une concession sur le nombre d’avatars maximum simultanés. Un choix pas toujours facilement à accepter. Nul doute que ces « Homesteads » n’ont pas vocation à être très populaires, mais plutôt à justifier un passage direct en « Full Sim » plus cher évidemment, mais dont le rapport qualité/prix est plus intéressant. Beaucoup de propriétaires qui possédaient plusieurs anciennes openspaces ont même choisis de les fusionner pour ne faire qu’une seule Full Prim. En effet, au delà de la réduction d’espace disponible, il y a aussi ces limites techniques qui empêchent l’organisation d’évènements que seules les « Full » peuvent désormais accueillir.

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Autre contrainte technique non négligeable sur les Openspaces/Homesteads : la réduction des scripts. En effet, Jack Linden prétexte la consommation importante des scripts en ressources processeurs qui accompagnent les serveurs sur lesquels sont hébergés plusieurs de ses sims (1 serveur pour 4 Homesteads, 1 serveur pour 8 Openspaces). L’introduction de « Mono » n’y changeant apparemment rien (et dont les avantages sont encore à prouver). Les propriétaires de ces « Low prims » seront donc tenus d’utiliser un minimum de script sous peine d’un blocage. Pour les y aider, Linden Lab proposera un outil de mesure pour faciliter la gestion de ses scripts. il sera testé dans une prochaine version de Second Life. En attendant, contentez-vous de scripts simplistes…

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Une migration vers les OpenSims ?

Les conséquences de ces nouvelles mesures ne se sont pas faîtes attendre. Le nombre de lands est désormais en train de diminuer mais dans des proportions malheureusement impossibles à déterminer étant donné qu’un bug s’est glissé dans les statistiques proposées par Linden Lab. Cela dit, il semble que cette baisse soit bien la volonté de l’éditeur qui préfère avoir moins de lands mais à plus forte valeur ajoutée tout en ayant moins d’amortissements sur les serveurs. En revanche, il ne faudra pas que cette baisse soit trop importante sous peine d’une baisse de rentabilité, mais la firme américaine a un talent certain pour la pratique du yoyo tarifaire. Pas de panique pour San Francisco, risque de séisme oui, mais seulement géologique!

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Les anciens propriétaires d’Openspaces, dégoûtés par cette nouvelle grille tarifaire mais désireux de gérer et construire leur propre sim, s’orientent de plus en plus vers la solution OpenSim. Évidemment, la plateforme ne manque pas de défauts, elle est loin de proposer toutes les possibilités de Second Life et encore moins tout son contenu, mais son fonctionnement tourné autour des principes de l’opensource (partage des améliorations, fragmentation des décisions, liberté…) a de quoi séduire. Si pour l’instant, nous ne pouvons pas affirmer une nette tendance Second Life > OpenSim, il est certain que la curiosité est de mise. Je ne pourrais pas vous communiquer de chiffres précis, sachant qu’aucune base de données n’existe pour mesurer l’audience de ces OpenSims. En revanche, les indices constatés dans le viewer Hippo OpenSim Viewer (client optimisé pour OpenSim) montre une amélioration conséquente du nombre des inscriptions : ainsi OSGrid est passé de 8500 à 9660 inscrits depuis deux mois et demi, soit une croissance de 13,6 %; dans la même période FrancoGrid est passé de 700 à 875 inscrits soit 25 %; mieux encore New Word Grid a enregistré 1400 comptes en Décembre 2009 contre 650 en Octobre 2008, soit 115 % ! L’ensemble des OpenSims est concernée. Reste à confirmer si ces nouveaux résidents sauront apprécier le potentiel d’OpenSimulator avec ses bugs, ses déserts et ses avatars de noobs.

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LeoMaxx Sautereau

Impossible d’espérer un miracle, mais une compensation, peut-être oui. « Eh bien même pas! » s’exclamèrent la nuit dernière certains responsables d’openspaces. Linden Lab apporte une nouvelle fois la preuve de sa distance marquée avec ses clients en leur donnant la désagréable impression de se moquer d’eux. En guise de réponse, l’éditeur maintiendra l’augmentation tarifaire prévue et proposera un nouveau type de land, les « Homesteads« , aux caractéristiques « allégées en matière grasse », autrement dit inutilisables et trop chers…

Suite et pas encore « fin » pour l’affaire de l’augmentation du prix des Openspaces. Le mouvement de protestation ainsi que les discussions pacifiques qui ont succédées ont poussé Linden Lab, éditeur de Second Life, à engager des aménagements de sa mesure « choc » pour la rendre plus digeste vis à vis de ses clients. Après une semaine de débat avec certains responsables de sims, Mark Kingdon et son équipe apporte enfin une réponse… controversée et sournoise.

Les Homesteads, un nouveau type de land.. enfin pas tout à fait

Linden Lab a donc redéfinit « au mieux » son menu foncier en se basant, « parait-il » sur les revendications de ses clients. Nous aurons désormais droit à non plus deux, mais trois types de lands.

Les openspaces que nous connaissions (65536 km², 3750 prims et 40 avatars) sont rétrogradés dans une version complètement décharnée ne contenant plus que 750 prims et une limite de 10 avatars, ce qui réduit les usages à un hameau au milieu d’un canton…  Les prix n’ont en revanche pas rétrogradés, eux…

Pour tous ceux qui souhaitent conserver les mêmes possibilités que les anciennes openspaces, Linden Lab introduira les homesteads à compter du 1er Janvier. Leur prix seront les mêmes que ceux prévus pour la hausse annoncée la semaine dernière, à savoir 375 US$ à l’achat et 125 US$ de frais mensuels. Finalement aucun changement me diriez-vous ? Eh bien si justement, mais… en pire! En effet, là où les anciennes openspaces pouvaient contenir 40 avatars, les homesteads n’en contiendront plus que 20… Un véritable coup de poignard dans le dos et la mort probable de nombreux projets éducatifs comme l’Ecole SL qui a besoin de pouvoir accueillir une trentaine d’avatars pour ses cours.

L’effet de cette annonce provoque déjà un séisme de forte magnitude sur tout l’espace SLien. Non seulement les discussions n’ont aboutis à rien de ce qui étaient prévus, mais les anciennes openspaces désormais appelées homesteads seront encore plus bridées qu’autrefois tout en conservant l’augmentation des tarifs. Alors il est vrai, il faut reconnaître que cette hausse sera échelonnée sur six mois, mais à moyen terme, elle sera belle et bien effective!

Dos au mur, Linden Lab fait bloc. Entre logique et grossière erreur

Après passion et déception, il est nécessaire de remettre les éléments dans leur contexte. Comme je l’avais dit dans un précédent article, Linden Lab s’est imposé une régulation du nombre de lands dans Second Life. C’est un fait, qui ne pouvait pas être outrepassée. C’est une entreprise, pas un état… elle applique donc une stratégie de développement que certains trouveront discutable mais qui fait partie d’un programme auquel les utilisateurs sont souvent impuissants. « Le client est roi » n’est pas une logique américaine, et nous devons leur accorder le bénéfice du doute sur le fait qu’ils aient raison… sur le long terme (c’est à dire d’ici un an ou deux ans minimum).

La sim Brokeback, inspirée du film Le Secret de Brokeback Mountain devrait fermer à compter du 1er Janvier 2009

Cela dit, les conséquences à moyen terme sont désormais réelles si Linden Lab ne prend pas soin de faire quelques exceptions. Les projets éducatifs qui accueillaient ponctuellement plus de 20 avatars pourront mettre la clé sous la porte à moins d’accepter de brider leurs ambitions. Dans le fond, c’est une mauvaise opération pour Second Life qui risque de voir amincir les projets qui participaient à le valoriser.

Encore une fois, je ne pense pas que Linden Lab ait voulu mal faire, mais sa politique souffre d’une communication désastreuse et maladroite. Une telle annonce apparait comme meurtrière. Maintenant c’est clair, l’éditeur démontre clairement un amateurisme. Il serait temps que la firme délègue ses activités de gestion à des sociétés dont c’est le coeur de métier, et se concentrer sur le développement software.

LeoMaxx Sautereau

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LeoMaxx Sautereau
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Le 3 novembre 2008 à 16 h 24 min   

Alors que notre planète bleue est soumise à de graves turbulences financières, je me suis intéressé dans cette seconde partie de notre dossier « Second Life est-il… ? » à la dynamique économique du célèbre monde virtuel. Depuis plusieurs mois, nous lisons dans la presse et dans certains blogs que la situation commerciale et monétaire du monde virtuel n’est plus aussi radieuse qu’à ses débuts. Pipeau ou soupçon de vérité ? Comme je l’avais fait avec la démographie, je vais tenter de confirmer ou contredire ces affirmations par le biais de faits chiffrés. A défaut de nous dévoiler une photographie indiscutable du terrain, une argumentation mathématique nous permet d’afficher des tendances globales suffisantes pour mesurer le pouls de notre objet d’étude.

Comme vous le savez déjà, Second Life n’est pas qu’un simple divertissement. Sa véritable fonction s’articule autour des notions de plateforme et d’outils d’échanges immatériels (pour l’instant). L’intégration du Linden Dollar (L$) dans le contenu du métavers a fait que la notion de « fictif » s’est fondu en intérêts tout à fait réel. En effet, la monnaie virtuelle créée par Linden Lab n’en est pas une. Il s’agit tout bonnement de véritables dollars américains que vous pouvez utiliser dans la vie réelle. Toutefois le mythe de la fortune sur Second Life reste quelque chose d’anecdotique pour ne pas dire chimérique. Le cas Anshe Chung est totalement isolé. Tous les investisseurs sur SL vous le diront, « on y perd plus que l’on y gagne ». Voilà pourquoi l’avenir du monde virtuel se dessine essentiellement comme un intermédiaire financier plutôt qu’un marché. La notion de Web (3.0 ?) prend donc tout son sens.

La densité des flux commerciaux dans Second Life sont néanmoins indispensables car une partie de leur recette est capturée par Linden Lab, initiateur et gestionnaire du projet. Une bonne santé de l’éditeur signifie (en théorie) plus de fonctionnalités et d’opportunités pour ses clients/utilisateurs. Cliquer pour agrandir les graphiques

Un cours du Linden Lab stable, trop stable…

Le Linden Dollar est considéré à tort comme une véritable monnaie*. L’éditeur a en effet crée un véritable système boursier virtuel pour que son système financier soit crédible. En quoi l’utilisateur intervient dans ce mécanisme ? L’indice boursier de Second Life, le LindeX (Linden Dollar Exchange) établit une valeur fluctuante de L$ correspondant à un 1 $. Cela signifie que vous pourrez gagner plus ou moins de US$ lors de la création de vos devises. Mais le cours en yoyo du L$ à ses débuts a fait que cette « monnaie » était finalement plus handicapante qu’autre chose et a donné lieu à plus de billets perdus que de gagnés.

Depuis Décembre 2006, nous observons une surprenante stabilité du L$ compris entre 265 et 270 L$ pour 1 $. Evidemment, rien de cela n’est vraiment sérieux. Pas besoin d’être un expert financier pour se rendre compte qu’un tel équilibre relève de la plus improbable coïncidence. Prenons un exemple probant. La fermeture des casinos en Mai 2007, qui fut à l’époque la plus lucrative des activités de Second Life, aurait dû influer de manière certaine ce cours. Il n’en fut rien.

« Au cours des dernières semaines et des derniers mois, le cours du Linden dollar est resté stable, à environ 268 Linden dollars pour 1 dollar US » John Zdanowski, directeur financier de la société californienne Linden Lab

Rien d’étonnant à cela, et prouve encore une fois comment Linden Lab peut parfois nous prendre pour des imbéciles. Si le LindeX n’a pas été (et ne sera pas) secoué par le séisme de la crise financière c’est que sa crédibilité est quasi-nulle. De ce fait, la stabilité de ce cours n’établit en rien la santé économique du monde virtuel. Linden Lab a en effet le pouvoir de bricoler ce cours et l’arranger au mieux, mais ces pratiques démontrent bien la « guignolerie » du système. Il se murmure d’ailleurs que Linden Lab serait en train de remettre en question sa monnaie et de les remplacer par de vrais US$. Cela dit, les nombreuses contraintes techniques et juridiques font que cette mesure a des chances minces de s’imposer**.

Des échanges marchands et financiers en croissance significative

Comme nous l’avons vu dans l’introduction, les échanges commerciaux et financiers sont cruciaux pour la survie de Linden Lab. Une bonne dynamique commerciale signifie d’une part une pérennisation du métavers, ainsi que la vitalité de son tissu social et entrepreneurial. Plus les projets sont rentabilisés plus ils ont de chances d’être nombreux. L’effet domino au sens vertueux donc.

L’étude qui suit montre le volume marchand de Second Life ainsi que l’approvisionnement de L$ qui sont directement injectés dans la mécanique financière du monde virtuel. Par soucis de lisibilité, l’évolution des résidents assidus n’a pas été intégrée mais je vous reporte à la première partie du dossier pour vous imprégner du contexte démographique.

Lors de la première lecture du graphique, nous observons une tendance plutôt positive. La première courbe nous montre l’évolution des flux de L$ de résident à résident, c’est à dire la dynamique commerciale globale (comprenant l’immobilier). Incontestablement, Second Life ne connait pas la crise, du moins pas pour l’instant. Le volume de Linden Dollar échangé est constant depuis Août 2007, voir un peu plus encore quand on sait que la population « active » est plutôt stagnante. Cela signifie que les dépenses moyennes mensuelles par résident sont en croissance exponentielle! Contrairement à la valeur de la monnaie, nous pourrons saluer la véracité et la signification de ces chiffres, puisque l’ »effet » de la fermeture des casinos est bel et bien visible ici. L’interdiction des jeux d’argent avait provoqué un coup de grisou à l’époque car ces activités étaient considérées comme le poumon économique du monde virtuel. Preuve en est que la « reconversion » a été un succès. Non seulement l’économie est lavé de tout commerce polémique mais elle confirme une progression indiscutable.

« En dépit du chaos qui affecte les économies mondiales, les principaux indicateurs de l’économie de Second Life demeurent solides » John Zdanowski

En ce qui concerne l’approvisionnement de L$, il est lui aussi en croissance et ce, depuis l’introduction de ce service. Le camp*** fait visiblement de moins en moins recette et les gens semblent avoir compris qu’il était plus rentable de saisir sa carte bleue que de rester planter comme un vieux grabataire à regarder Derrick en attendant qu’un modeste linden dollar tombe toutes les dix minutes. Cependant, cette courbe pose une question auquelle je vous invite chers lecteurs à éclairer ma lanterne. Comment se fait-il que les échanges commerciaux et l’approvisionnement de Linden Dollar ne sont pas proportionnels compte tenu que la valeur de la monnaie est désespéramment aussi calme que le temps avant une tempête ?

Une explosion du foncier…

Second Life n’est pas seulement un logiciel en 3D, c’est un « Global Network ». Ce terme signifie que les informations et les données que nous partageons sont situées sur des serveurs distants. Voilà pourquoi les techniciens parlent d’un web 3.0 car, à l’image d’une navigation internet traditionnelle, les ressources sont stockées sur un réseau et non sur votre ordinateur. C’est ce qui explique pourquoi le lag est si présent dans SL. Le volume d’informations est énorme et les serveurs actuels sont encore trop peu évolués pour garantir la fluidité d’un programme comme en Local Network.

Les lands (ou sims) correspondent à un espace d’hébergement internet mais en trois dimensions. Quand vous achetez votre terrain, vous louez un espace sur un serveur au même titre qu’un blog ou un site internet.

Second Life propose deux types de lands, ceux du Mainland et ceux appartenant à des particuliers. Les premiers sont gérés et détenus par la firme Linden Lab, ce sont donc les propriétaires de votre terrain. Les seconds sont sous la responsabilité d’utilisateurs tiers mais contrairement à ce qui est souvent dit, il ne s’agit pas de « propriétaires » mais de « gestionnaires » car les serveurs sur lesquels sont stockés les sims ne leur appartiennent pas. En revanche, ils ont toute liberté pour ce qui est de l’organisation et de la gestion du contenu de ces terres.

La tradition de la « propriété » et la baisse des prix réguliers des lands semi-privés ont fait que leur nombre a littéralement explosé depuis la fin de l’année 2006. A titre d’exemple, il y avait 840 sims en Août 2007 contre 1834 un an après, soit une augmentation de 218 % ! Comme nous le voyons sur ce graphique ci-dessus, la croissance de la superficie totale de Second Life est proprement démesurée. L’ambition de ce que nous appelons les responsables de « regions estates » (c’est à dire responsables d’une grappe de sims) n’a aujourd’hui plus de limites et certains « landbarrons » détiennent parfois plus d’une trentaine de sims (comme Saddam Triskaidekaphobia de la région Liberta) au risque de diluer le contenu et de le rendre transparent.

L’autre raison qui a démultipliée ces régions, c’est la consommation excessive d’openspaces. Les openspaces sont en fait des versions « allégées » des sims traditionnelles. Elles proposent la même superficie mais ne comptent que 3750 primitives en lieu de 15 000. La bande passante est également moins importante (quatre openspaces sont hébergées sur un seul serveur, contre une pour une « full sim »), ce qui signifie que le lag est plus présent encore et le nombre d’avatar présents, limités. En contrepartie, le prix est également divisé par quatre. Intéressant, trop intéressant peut-être.

Le problème des openspaces c’est l’utilisation que certains en font. A l’origine, Linden Lab avait introduit ces lands dans le but de favoriser des sims de « découverte » et de culture. Beaucoup en ont fait des lands commerciaux avec un traffic important qui répercute le lag sur l’ensemble des openspaces hébergés sur le serveur.

…qui cause une désertification des sims

Cette croissance totalement incontrôlée du foncier a donc des effets pervers. Le premier c’est bien entendu la désertification des sims. Trop de sims tuent les sims, nombreuses aujourd’hui sont aussi vides que la canette de bière d’un maçon! La densité moyenne de population par land est en chute libre. En un an, cette concentration a été divisé par deux passant de 74 utilisateurs par land en Août 2007 à 30 en Août 2008!

Nous assistons aujourd’hui à un phénomène de tournante. Les lands, trop peu rentabilisés, sont revendus peu de temps après achat (essentiellement des openspaces) à des prix atomisés jusqu’à ce que le dernier acquéreur n’ait plus assez d’argument pour la revente et se retrouve piégé. Les reventes à perte sont donc quasiment incontournables pour n’importe quel acheteur. Il est fortement déconseillé d’investir tant que la politique foncière de Linden Lab (qui établit les prix de base) ne sera pas stabilisée. D’ailleurs, l’éditeur a annoncé le 27 Octobre dernier que le prix d’achat et de maintenance des Openspaces allait augmenté à compter du 1 Janvier 2009 (alors que celle-ci était précédée d’une forte baisse il y a six mois). Cette évolution tarifaire qui fait des vagues montre l’improvisation totale de l’éditeur dans sa gestion du foncier. Il faudrait donc qu’il revoit au plus vite sa politique, de manière à ce que les investisseurs particuliers ne perdent pas (trop) patience dans ce gâchis financier.

Remise en question des comptes « Premiums » (payants)

Linden Lab vous propose deux types de comptes : les comptes « Basic » gratuits et les comptes « Premiums » payants. Ces derniers vous offrent quelques avantages en plus : vous percevrez chaque semaine la petite somme de 300 L$ ainsi qu’un (petit) terrain de 512m² sur le Mainland (le loyer est pour votre trogne). Seulement voilà, comme vous le voyez, ces « bonus » ressemblent plutôt à des « malus » à moyen terme. En effet, avec un simple compte « Basic » vous pouvez quand même avoir votre terrain (mais sur des terrains privés), voir même louer une sim suivant les modalités. Du coup, payer un abonnement n’a plus aucun intérêt aujourd’hui. Il est même plus rentable d’acheter soi-même ses Linden Dollars, surtout pour les chanceux qui habitent la zone euro (même taxées, les transactions restent plus avantageuses que le « salaire » proposé par un compte payant).

De ce fait, nous constatons que les comptes « Premiums » sont en train de diminuer inéluctablement depuis le début de l’année 2008. « Comment Linden Lab fait-il son beurre alors ? » me demanderiez-vous. Eh bien l’éditeur gagne de toute façon très peu sur ce type de comptes. L’essentiel de ses revenus sont tirés des échanges monétaires (L$ <> $) sur lesquels il ponctionne un pourcentage. La progressive de ce type de compte est donc quelque chose de tout à fait logique et en rien inquiétant, bien au contraire.

Second Life est toujours aussi dynamique économiquement, mais…

Au dire des médias, Second Life ne serait plus aussi attractif depuis sa supposée apogée il y a un peu plus d’un an. Pourtant ce ouï-dire est hautement discutable en témoigne nos analyses du jour. Certes ces études ne tiennent pas comptes de l’aspect pratique. Cela dit, les indicateurs sont suffisamment imposants et pertinents pour confirmer une croissance économique significative.

Attention, car dans ce balai de grands élans gloriolants, le monde virtuel est loin de se vanter d’être solide. Les lacunes de gestion de l’éditeur pourraient peser lourd dans un éventuel échec dont l’odeur reste toujours planante. La crise des openspaces qui secoue actuellement la plateforme est la preuve que le train économique et social roule vite mais sur des œufs…

* Le Linden Dollar est comparable au système de « points » utilisés dans les boutiques des consoles next-gen (Playstation 3, Xbox 360 et Wii).
** Merci à Ice pour sa réflexion
*** Le camp (ou camping-chair) vous propose de gagner quelques lindens dollars en ne faisant rien, ou presque. Il vous faudra vous poser les fesses sur une chaise ou un banc, prévus à cet effet, et de prendre mon « maille » en patience.

LeoMaxx Sautereau

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LeoMaxx Sautereau
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Le 28 octobre 2008 à 20 h 58 min   

La politique tarifaire foncière de Linden Lab est toujours aussi énigmatique. Hier matin, nous apprenions sur le blog officiel de l’éditeur que le prix des openspaces allait augmenter (+ 40 %) ainsi que les frais de maintenance (+ 67 %). Une annonce qui ajoute encore un peu plus de passion chez les utilisateurs de plus en plus hostiles à l’attitude controversée de la firme américaine. Cela dit cette décision reste tout à fait logique et nécessaire.

C’est encore une fois une vraie douche froide pour les propriétaires d’openspaces qui vont devoir s’affranchir d’une augmentation conséquente du prix de leur terre. Le « loyer », correspondant aux frais de fonctionnement, va passer de 75 US$ à 125 US$ par mois. Quant au prix d’achat, il vous en coûtera 375 US$ au lieu de 250 US$ auparavant. Cette mesure sera effective à compter du 1er Janvier 2009. Pour (maigre) compensation, Linden Lab s’engagera à transférer l’intégralité des openspaces existantes en classe 5 (c’est à dire avec moins de lag). Seul problème, la plupart de ces lands ont déjà été upgradés à ce niveau.

Autre changement d’importance, il semblerait qu’il ne soit plus possible que les propriétaires de « full sim » puissent revendre à des tiers des openspaces qu’ils auraient achetés. L’achat d’une openspace implique que l’acheteur doit déjà être propriétaire d’un full sim. Ainsi les sims owners passaient commande pour d’autres qui n’avaient pas ce genre de land.

Une décision maladroite mais nécessaire

Cette décision n’a absolument rien à voir avec le prix des serveurs, qui par ailleurs, est en constante diminution. Cette augmentation tarifaire assez conséquente a pour objectif de stopper l’expansion massive des openspaces, et des lands de manière générale. Demain, je publierai la suite de notre dossier « Second Life est-il… » consacré à la dynamique économique du monde virtuel. J’y consacre une partie importance à ce phénomène foncier préoccupant. En effet, depuis un an, le nombre de sims a tout simplement triplé, ce qui pose le problème de la viabilité de ces régions, qui risquent de devenir invendables.

Deux solutions s’offraient donc à Linden Lab. Soit l’éditeur se résignait à stopper temporairement la livraison de lands, soit il décidait d’augmenter sa feuille tarifaire afin de réguler le volume foncier. C’est donc cette deuxième solution qui a été choisie (à mon avis la meilleure), ce qui aura pour conséquence la fermeture de nombreuses régions. Nibb Tardis, de la région Terra Virtualis, et Netpat Igaly, de la région Admicile, ont déjà annoncé qu’ils fermeraient leurs openspaces avant Janvier 2009. Une hécatombe ? Pas sûr. Tout simplement une remise à plat du système qui obligera les responsables de sims à optimiser leurs espaces. Face à l’invasion des lands « morts », nous pouvons d’ors et déjà penser que cette mesure est pour le moins indispensable.

Linden Lab, dépassé par son produit ?

Toutefois, si pour ma part j’estime cette mesure est juste et logique pour l’intérêt collectif, je ne félicite pas l’éditeur pour sa rigueur. Le programme foncier de la firme de San Francisco est pour le moins chaotique, voir inquiétant. En effet, cette augmentation des openspaces survient cinq mois après un rabais dans lequel elle s’était engagée à stabiliser ses prix. Nous pouvons déplorer le manque d’anticipation, qui traduit bien des lacunes de gestion.

« So Openspaces have been incredibly popular as a perk for estate owners, but sadly there is a twist. Unfortunately most of the Openspaces are being used for much more than light use.  Based on analysis performed in August and September, Openspaces are being used about twice as much as we expected, in other words being loaded with double the content/avatar load than we’d expect for a region that is supposed to be light use. » Jack Linden

Selon Jack Linden, Linden Lab aurait sous-estimé le succès des openspaces, à tel point qu’ils doivent faire aujourd’hui machine arrière. Il est bien difficile de croire une telle affirmation quand on constate l’explosion des lands depuis deux ans maintenant. Bref, soit l’éditeur est incompétent, soit il se moque de ses utilisateurs. Dans les deux cas, c’est assez inquiétant…

LeoMaxx Sautereau

Petit tremblement de terre au pays du foncier SLien. Les dirigeants de Linden Lab ont pris hâtivement la décision de baisser lourdement les prix d’achat des sims privées. Une annonce qui n’est pas sans conséquences. Les futurs acquéreurs sont aux anges et les sims owers en place tapent du poing.

Si le ministère de l’Economie et des Finances français vient de prendre la décision de rallonger la période des soldes d’une semaine, Linden Lab ne semble pas avoir attendu ce décret pour passer un bon coup de balai sur le prix des sims privées. Sur les étalages du marché des sims, le joueur pourra observer qu’un Land est passé de 1675US$ à 1000US$, soit un coup de serpe de 40,3 %! A première vue c’est plutôt une bonne nouvelle, mais à s’y pencher un peu plus, l’analyse de cette opération d’atomisation du foncier laisse un désagréable goût d’amertume pour les sims owners déjà en place. La société américaine semble quelque peu avoir improvisée cette décision, alors pourquoi une action aussi soudaine ? Nous essaierons de voir ce qui a poussé la « main verte » à solder ces terres… Une annonce à relativiser selon les points de vue.

Avant de rentrer dans les détails, il est important d’apporter quelques éléments d’explications à vous lecteurs, qui ne sont pas toujours au courant de ce qui se passe chez les papes du foncier virtuel. Il faut savoir qu’il existe deux types de sims (même trois avec les OpenSpaces mais nous nous concentrerons sur l’essentiel) :
1/ Les sims appartenant à Linden Lab. Ce sont des terrains que l’on appelle « MainLand ». Vous ne pourrez pas acquérir l’une de ces îles qui sont la propriété de l’éditeur américain. En revanche, il vous est possible d’y acheter un terrain (sans qu’il vous appartienne vraiment, voir l’article de Nougatine Nikitin : « Faut-il être propriétaire ou locataire » – SLAgora Numéro 01, Avril 2008).
2/ Les sims privées. Pour faciliter l’expansion de Second Life, et donner libre champs aux « créations topographiques » de ses joueurs, Linden Labs a proposé la mise en vente de sims que les acquéreurs pourraient modeler selon leurs désirs. Mais le sentiment de possession s’arrête là puisque le « sim owner » est contraint de payer un « loyer » mensuel (appelé « fee ») correspondant approximativement à 10 % du prix d’achat. Ces sommes sont censées contribuer à financer la maintenance des serveurs sur lesquels sont hébergées ces îles (qui ont le même statut qu’un site web finalement). Une sim n’appartient donc pas vraiment à son propriétaire (sauf pour les OpenSims auxquelles nous consacreront un dossier au mois de Juin). En revanche, l’administrateur de l’île a le droit de faire ce qu’il veut comme vendre ou louer des lots (que l’on appelle « parcelle » dans SL).

La vente ou location de parcelles ont donné naissance à un énorme business sur Second Life qui a profité à quelques joueurs devenus des chauffeurs de Roll’s Royce. C’est le cas du « symbole » Anshe Chang, la célèbre millionnaire chinoise qui a construit tout son pécule sur l’immobilier SLien. Cette fortune improbable a donné des idées à beaucoup mais aujourd’hui cette bulle spéculative ne laisse plus beaucoup de place aux plus values gargantuesques. Et pour cause… les prix de l’immobilier font du yoyo!
Tout cela vous paraitra un peu compliqué alors je vais essayer de vous expliquer comment cela marche. Il faut savoir que pour une raison x ou y (en fait des milliers de raisons, c’est pour ça que l’on a du mal à les identifier), les prix du foncier/immobilier en RL comme sur SL évoluent positivement ou négativement. Quand vous achetez un terrain à un instant A et qu’à l’instant B, le prix a monté, il est intéressant de le revendre pour gagner un bénéfice par rapport au prix de vente (appelé « plus-value »). Mais si au contraire le prix a baissé et que vous décidiez quand même de vendre votre terrain, vous perdez de l’argent. Cela fonctionne exactement de la même manière sur SL, à une tendance près : la courbe des prix n’est pas aussi régulière qu’en RL.

Dans la réalité, les périodes de baisse ou de hausse s’échelonnent sur une dizaine d’années environ (nous sommes actuellement au début d’une période de baisse). Quand les prix montent c’est plutôt une bonne nouvelle pour les investisseurs. Par contre, si les prix baissent, cela profitera davantage aux simples acheteurs (qui souhaitent s’installer sur le long terme). Quoiqu’il en soit, il y a toujours intérêt à ce que la courbe des prix soit, d’une part régulière, et de l’autre légèrement positive (pour envisager une revente). Ce n’est actuellement pas le cas sur Second Life. En faisant descendre les prix d’une marche comme celle ci (une remise de 40 % c’est colossale!), Linden Lab frustre ses LandBarons (sims owners installés depuis un certain temps) qui ne peuvent alors plus revendre sous peine de perdre énormément d’argent. Il faut souligner que l’achat d’une sim n’est pas donné à tout le monde et que cela s’adresse à des gens disposant d’un minimum de revenus (une sim coûtait 1500 euro jusque là sans les frais de maintenance). Une telle braderie frôle donc la tarification abusive… du moins en ce qui concerne ses anciens propriétaires! Car pour le nouvel acquéreur, il est vrai qu’investir dans une sim devient désormais plus abordable, voir même très intéressant si les prix sont amenés à remonter.

Toutefois cette opération tarifaire est plombée par un handicap certain : celle de la confiance de ses investisseurs. En faisant de la courbe des prix un oscilloscope, Linden Lab prend le risque de saborder les projets sur le long terme, notamment ceux qui concernent les jeunes particuliers. Acheter une sim ce n’est pas rien, il faut donc que ce soit rentabilisé et dans un projet encore immature comme Second Life, ce principe est loin d’être évident.

Pourquoi une telle opération sur les prix ? Il existe plusieurs hypothèses à ce sujet. Une première source d’explication explique le fait que l’acquisition d’une sim devient beaucoup trop onéreuse pour le consommateur qui voudrait utiliser Second Life autrement que pour ses loisirs. Une sim s’apparente quelque peu à un site internet, les problèmes du support en plus. Si les coûts sont trop importants, les investisseurs ne sont donc pas encouragés à investir dans le metavers. Il est possible que Linden Lab cherche à séduire d’autres entreprises que des grosses firmes surpuissantes en cassant ses tarifs. Mais plus généralement, le groupe de San Francisco veut tout simplement s’ouvrir à davantage de projets, en particulier lucratifs.

Une autre explication évoque la concurrence représentée par There qui commence progressivement à déloger Second Life de son trône doré à l’or fin. Si le nombre de comptes crées sur Second Life est régulièrement toujours en hausse (bientôt 14 Millions de comptes ouverts !), il n’en est pas de même pour les comptes réellement actifs. Beaucoup de nouveaux sont découragés par le manque d’accessibilité de ce monde virtuel (sans parler des problèmes de lag actuel qui fait fuir même les bots !) et préfèrent opter pour la simplicité (sens propre comme figuré) de There qui attirent de plus en plus de mules.. euh d’émules pardon !

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