L’Ecole SL est un concept/projet qui propose à un large public des enseignements sur le fonctionnement des scripts, de la construction, de l’art numérique ou encore du marketing. L’ampleur et la réussite du projet a attiré la plume de InVWorlds.fr qui tente de comprendre comment on peut réussir avec si peu de moyens au départ.
Second Life c’est un peu comme un mixeur japonais : ses possibilités sont immenses, mais hardi celui qui sait l’apprivoiser juste après l’avoir déballé. Créativité, expression, art, partage (n’ayons pas peur des mots)… voilà ce que le monde virtuel vous propose à porter de votre mulot, mais encore faut-il avoir les outils et les compétences pour celà. En effet, à l’image de notre robot cuisinier aux yeux bridés, difficile d’aller au plus simple dans l’usine à gaz de Linden Lab, et ne comptez pas sur la notice en grec ancien pour vous y aider. C’est là que l’Ecole SL intervient. Ce projet indépendant a pour objectif une mission pédagogique en faisant partager au plus grand nombre les acquis et les connaissances des anciens pour exploiter au mieux les richesses du logiciel si controversé.
Le projet de l’Ecole SL a vu le jour en Avril 2007 et a été fondé par Valentin Mathy, DD Ra et Nyctolopian Kawaguichi. A l’époque, et aujourd’hui encore, ce programme fait dans la simplicité et se concentre sur l’essentiel. Les locaux se résument à un confort spartiate et prennent place dans un premier temps dans la sandbox de Terra Bordeaux. Quoi de mieux qu’un bac à sable pour concilier l’utile à l’agréable. Depuis peu, l’école est totalement indépendante et possède sa propre sim (nommé simplement « Ecole SL ») où des cours sont organisés quotidiennement et en toute quiétude. Elle est maintenant dirigée par le très passionné Lancelot Joubert. Avec 1043 élèves au compteur, le succès de l’Ecole n’est plus à prouver et sa marge de popularité est encore énorme. Au vu de la qualité de l’animation, de l’organisation et de la qualité des cours, rien d’étonnant à celà!
Des cours diversifiés et complets, basés sur le principe du partage de savoirs
Tiens les cours, parlons-en! L’image de marque de l’Ecole SL, ce sont évidemment ses cours de scripts. Mais le projet est loin de se résumer à celà. En effet, les professeurs de l’école vous proposeront également des cours de construction (build), des cours de photographies des cours de découverte des bases du monde virtuel ainsi que des cours de marketing afin de maîtriser au mieux les clés de réussite d’un business sur SL. D’autres enseignements plus fantaisistes prennent également place comme les cours de « bidule » où l’on apprend à faire des choses complexes avec le moins de primitives possibles. Cela donne lieu souvent à des bons moments de détente.
Toutefois, qu’à cela se tiennent, les newbies ne sont pas le seul public et de nombreux cours se destinent également à des utilisateurs expérimentés en quête de partage de connaissances. C’est certainement l’un des points les plus séduisants de l’Ecole SL : son ouverture. Tout le monde y est le bienvenu, qu’importe son niveau, le tout dans une ambiance bon enfant. Ludique et éducatif!
L’Ecole SL compte actuellement une vingtaine de professeurs bénévoles spécialisés dans des domaines aussi variés que le build, la photographie ou encore la mercatique. Autrefois, les cours se faisaient par texte mais les contraintes de lisibilité ont vite été un problème à résoudre. Depuis l’arrivée de Lancelot Joubert, les enseignements se font désormais obligatoirement par voice et par groupes de 30 élèves maximum. Rassurez-vous, tout le monde est le bienvenu, puisqu’il y a possibilité de diffuser plusieurs flux audio sur la même sim et donc de proposer deux cours différents en même temps. Pour le moment, chaque session compte rarement plus de 30 têtes, mais cela pourrait changer si le succès continue de progresser.
Les cours auxquels j’ai eu la chance d’assister sont marqués par la bonne humeur. Une ambiance vraiment sympathique pour un contenu qui n’en reste pas moins pertinent et riche. Pas besoin d’assister à quinze cours pour se rendre compte du sérieux de ce projet et de sa pérennité assurée.
Accessibilité, sociabilité et « francosingularité » !
Lancelot Joubert aime à le répéter, le slogan qui convient le mieux à l’Ecole SL est « gratuit et francophone« . Le projet est en effet totalement libre d’accès, moyennant aucune finance si ce n’est la possibilité de faire des dons pour le paiement du sim. Les professeurs travaillent qu’à titre bénévole et ne gagnent que de la reconnaissance. Éventuellement, ils peuvent y trouver quelques projets de chantiers initiés par quelques recruteurs venus trouver la bonne personne.
Les cours de l’Ecole SL n’ont rien de didactiques. Ils sont basés sur le partage et l’échange. La notion de sociabilité est d’ailleurs largement pris en compte puisqu’en plus de dispenser des enseignements, le projet propose à tous les nouveaux un système de parrainage. Un « vétéran » SLien s’engage alors à prendre sous son aile un jeune apprenti pour lui apprendre les clés nécessaires à l’appréciation durable du monde virtuel.
« L’Ecole SL c’est un concept, pas un lieu ». Lancelot Joubert, responsable de l’Ecole.
L’Ecole SL n’est pas seulement un projet implanté sur une sim, c’est tout un concept. De plus en plus, les responsables du projet ne veulent pas parler de concurrence (par exemple, France 3D et le Crédit Agricole dispensent des cours du même type). D’ailleurs, il se pose comme un portail vers le maximum de cours possible pour enrichir les possibilités d’enseignements. Le paradoxe étant que l’Ecole est exclusivement francophone et tient à le rester. Il n’existe aucun cours en anglais et c’est fort dommage car les talents de l’étranger ont également beaucoup à nous apprendre. C’est peut-être le talon d’achille du projet. Sa fermeture aux autres cultures. Et ce principe est assez peu compréhensible, d’autant que la langue anglaise est désormais maitrisée d’un grand nombre et que les cours en français seront de toute façon toujours en place.
L’Ecole SL est un superbe projet, instructif, ludique et accessible, comme on devrait en voir plus dans la sphère francophone. Le succès du projet démontre qu’il est possible de faire bien avec de faibles moyens. Cette communauté bénéficie d’un capital « sympathie » qui joue énormément en sa faveur.
LeoMaxx Sautereau
















