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LeoMaxx Sautereau
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Le 21 février 2009 à 19 h 17 min   

En avril 2008, Philip Rosedale, celui qui a fait de Second Life une plateforme de communication novatrice et performante, celui que j’appelle le « surfeur d’argent » à cause de son bronzage australien et de sa « business attitude », décide de céder sa planche de surf de CEO* à un Monsieur bien moins rigolo, Mark Kingdon, qui aime que l’on l’appelle « Monsieur M » (et oui ça pète sec!). Une révolution silencieuse a eu lieu! Vive le Roi!

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Mark Kingdon : une main de fer dans un gant de velour

Contrairement à son prédécesseur, Mark Kingdon n’aime pas trop les photos et les apparitions publiques. Il faut dire qu’il ne peut pas se vanter d’avoir le même capital sympathie que « Sonic Slater ». Le cul tellement serré sur les clichés qu’il pourrait casser des cacahuètes avec, le regard d’un poulpe… c’est visiblement un homme qui n’aime pas perdre son temps à la déconne (et paf Philip!). Nous sommes là plus proche du look « Prof de maths » que du midinet accroc aux vagues. Après dix mois d’exercice illusoirement discret, l’homme mène sa barque comme un brise-glace dans l’Océan Arctique. Fini aussi la grande philosophie pseudo-anarchiste-foutaisiste de la génération Bill Gates, il faut se rendre à l’évidence que l’informatique est un monde impitoyable où le divertissement n’a sa place que dans les foyers.

Milieu 2008, Second Life est devenu une marque qui a la prétention d’exiger du public d’apposer un ® à chaque expression du « produit ». Philip Rosedale, co-fondateur de Linden Lab en 1999, et créateur du projet Second Life a déjà fait son bonhomme de chemin depuis plus de six ans après le lancement du développement du projet. Si l’homme fut génial lors de la construction du logiciel, il fut vite dépassé quand il s’agissait de diriger une entreprise galopante comme Linden Lab. « Driver » une usine à gaz, ce n’est pas vraiment son cœur de métier, et décide donc de céder sa place à quelqu’un qui sera plus expérimenté à cet exercice.

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L’élu est Mark Kingdon. « Monsieur M » est tout nouveau tout beau, mais n’est pas complètement étranger à Second Life. En effet, son CV montre qu’il utilise déjà la plateforme depuis Janvier 2007 sous le pseudonyme Marcus Voom. Curieusement, d’après l’Agence Reuters, Mark Kingdon se définit lui-même comme un « joueur occasionnel » de SL. Autrement dit, ses seules occupations consistaient à draguer les noobettes sur les Community Gateways. Drôle de choix que quelqu’un qui n’a qu’une connaissance superficielle de la plateforme qu’il va diriger. Heureusement le CV de « M » ne s’arrête pas à ses compétences de dragueur virtuel du dimanche. L’homme a en effet été CEO pendant plusieurs années de l’agence Organic, une société spécialisée dans les mondes numériques. Il est notamment reconnu pour sa rigueur et ses compétences de gestionnaire, deux qualités qui manquaient précisément à Philip Rosedale.

En choisissant Kingdon à sa tête, Linden Lab a fait le choix d’une nouvelle politique. Les méthodes de travail du nouveau CEO sont plus pragmatiques, plus réalistes et donc peut-être moins enjouées que celles de son prédécesseur. La face de Second Life est en train de changer… dans le bon sens ?

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Le risque de remettre en cause l’essence même du monde virtuel pour le rendre plus rentable et contrôlable

Quand Philip Rosedale et son équipe ont buildé les fondations de leur monde virtuel, leur priorité aura été de donner à leur produit une signature qui lui permette de se distinguer le mieux possible des traditionnels MMO qui font déjà fureur à l’époque (Everquest, La 4ème prophétie…). Pour cela, Linden Lab veut faire de Second Life un véritable outil de communication, plus seulement dédié au divertissement, mais qui s’ouvrirait au monde dans le but de communiquer, partager et surtout commercer. L’éditeur s’occupe donc du développement logiciel et de la gestion administrative. En revanche 95 % du contenu serait développé par les résidents eux-mêmes.  « Your world, your imagination ». Ambitieux!

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Cinq ans après, les douze travaux d’Hercules sont accomplis avec un certain succès. Malgré les nombreux cafouillages techniques et erreurs de gestion, Linden Lab a fait de SL un monde virtuel très riche et peuplé, même si le nombre d’utilisateurs actifs tend à se stabiliser ces derniers mois.

Seulement voilà, depuis un an environ, Second Life est arrivé à un stade d’une certaine maturité. Le contenu est exhaustif, original et chacun y met du sien pour y apporter son produit fait maison. La concurrence est telle aujourd’hui qu’il est impossible de tenter une percée dans un marché totalement saturé, où les prix sont totalement invraisemblables, dans un sens comme dans l’autre. Second Life est devenu une usine à gaz avec l’impression qu’aucun directeur ne soit là pour gouverner son entreprise.

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Depuis un an, le bilan est préoccupant. Second Life stagne car nous atteignons les limites d’un système anarcho-capitaliste sans aucun dispositif de régulation du contenu. C’est là que Mark Kingdon, entre en fonction…  Fin gestionnaire, et vision du monde réaliste, l’homme va prendre conscience que le phénomène libertaire d’antan n’a plus vraiment d’avenir et que SL se doit d’être en quelque sorte « clôturé » pour empêcher les brebis de venir pâturer sur d’autres versants.

Les actions coup de poing de Mark Kingdon

Second Life c’est un shoot vertigineux mais dont la descente est casse-gueule voir mortelle. La politique de « M » est simple : cadrer au mieux le contenu de la plateforme afin de l’optimiser au mieux pour un public qui alimentera réellement les caisses de Linden Lab : les entreprises. Ce sont elles qui participent au buzz, et à la pertinence du monde virtuel. Plus d’entreprises, plus de partenaires, plus de profit… Pas étonnant que le monsieur s’est déplacé partout dans le monde pour rencontrer certains LandBarrons qui accueillent des entreprises sur leur fief. Fini la récré, il est temps d’amener de l’eau au moulin, pour le grand malheur d’une bonne moitié de résidents.

Le rodage terminé et une période d’essai sulfureuse (le dossier « OpenSpace » à gérer…), Kingdon s’est amené à prendre les premières mesures de sa politique. La première c’est de revoir son équipe dont le cœur venait encore de la génération Rosedale. Nous avons donc pu constater les départs de Sidewinder Linden ou encore Robin Linden. A quand le prochain ? M semble vouloir s’entourer de sa propre équipe, sans doute en vue d’un nouveau virage dans lequel tous les passagers de la voiture seront d’accord sur la direction à prendre.

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Cette direction c’est la réduction lente mais effective de la liberté de contenu des résidents. Aux yeux du public, Second Life prend des airs de souk virtuel dans lequel le « trop de produit » tue le « produit ». La récente acquisition des deux sociétés de e-commerce XStreet SL et OnRez sont la preuve que Mark Kingdon souhaite centraliser la production de ses résidents, soit pour mieux la faire circuler, soit pour mieux la contrôler. Cette opération aura déjà pour effet de réduire quantitativement l’océan de « shops poubelles » implantés partout, et de réduire l’essor des freebies, véritable épine dans le pied de la plate forme. Linden Lab proposera-t-il du contenu ? Assurément non. Ces pratiques déjà proposées par Lively ou Home n’ont guère eu de succès. La création de contenu par les résidents sera perpétuée pendant beaucoup d’années encore, mais la marge de manœuvre sera quelque peu étroite.

Reste la question du titre de la propriété des créations, qui n’est toujours complètement résolu. Une problématique auquelle la nouvelle équipe exécutive de Linden Lab s’attèlera bientôt. Voilà qui promet! En effet, l’intégration progressive des mondes virtuels comme plateforme et non plus comme divertissement, pose un sérieux problème législatif concernant la propriété légale. Vos objets vous appartiennent par principe, mais vu que ceux-ci sont hébergés sur des serveurs relevant de l’autorité de Linden Lab, nous pouvons nous attendre à un vrai bras de fer entre les résidents et l’éditeur. Pour comparaison, c’est exactement la même chose qui s’est passé (et qui se passe encore) pour YouTube et consorts où chaque parti s’est renvoyé la balle concernant la responsabilité pénal du contenu (souvent piratage d’œuvres protégés ou contrefaçons).

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Autre mesure lourde de conséquence, le retour du Mainland! Par cette appellation, nous désignons l’ensemble des sims dont Linden Lab est propriétaire. Autrefois, beaucoup de locataires de terrains sur ces régions se sont plaints d’une gestion calamiteuse. Le contact avec les responsables était en effet particulièrement périlleux. Ces problèmes d’organisation ont fait que le Mainland a progressivement été boudé par les résidents au profit de sims « privés » (les gestionnaires sont les résidents eux-mêmes). Plus de proximité et des problèmes réglés plus vite. Depuis plusieurs mois, Mark Kingdon a souhaité revaloriser le Mainland par deux mesures phares :

  • Extension massive du domaine avec l’introduction des sims « Nautilus », graphiquement plus attractives.
  • Hausse significative du prix d’achat/frais mensuels des sims privées Openspaces (devenues « Homesteads« )
  • Interdiction des « ad-farms », terrains constitués essentiellement de panneaux publicitaires (merci Koxinell cf.commentaires)
  • Interdiction des terrains de petite taille (512 m²), trop peu rentables car souvent invendables ((merci Koxinell cf.commentaires)

sl-nautilus

Pour le moment impossible de savoir si le Mainland a de nouveau récupéré des locataires, Linden Lab ayant soigneusement supprimé ses statistiques sur les terrains de manière à ce que la baisse très probable de lands (non compensés par le développement du Mainland) ne soit pas mathématiquement démontré.

Le règne de Philip Rosedale est terminé. Même si en tant que membre du conseil d’administration ce dernier garde un certain pouvoir sur Linden Lab, il n’est plus maître des décisions prises pour le développement de Second Life. Une progressive mutation est actuellement en train de s’opérer. La volonté de proposer aux résidents le contrôle de leur contenu s’efface au profit d’un renforcement de la gouvernance de l’éditeur. L’équipe « M » souhaite reprendre les rennes de son produit et en finir avec le joyeux bordel orchestré par l’équipe précédente sans que celle-ci n’ait complètement foiré. Second Life en est là où il est : le plus convaincant des mondes virtuels actuel. Reste à prouver que la méthode Kingdon sera meilleure que la précédente.

LeoMaxx Sautereau

* CEO : Chief Officer Executor -expression reprise de Rambo 3 parait-il-

14 commentaires »

  1. Ice

    SL est clairement passé du « fun » au « business ». :(

    A mon avis, si LL poursuit trop longtemps dans cette voie, ils perdront leur âme, mais aussi ce qui fait SL : ses résidents…

    Quant à M, à la place des ayants droits de Ian Flemming, je porterai plainte. Le fait qu’il utilise ce pseudo porte atteinte à la réputaiton du « patron » (qui est maintenant une patronne :) ) de James Bond

    Commentaire by Ice — 21 février 2009 à 22:25

  2. koxinell lane

    Quelques autres mesures pour revaloriser le mainland :
    - interdire les « ad-farms », ces petits terrains remplis de pubs.
    - interdire les parcelles de petite taille qui transforment le mainland en véritable gruyère (et surtout sont invendables = perte d’argent pour Linden Lab).

    Reste que la gestion humaine sur le mainland est loin d’être performante (problèmes de langue et de disponibilité des agents) et surtout il persiste le problème chronique de lag permanent, dû à l’hyper concentration des sims.
    A chaque fois que je me téléporte sur une sim mainland, il faut minimum 2 minutes pour que toutes les textures environnantes soient chargées.

    Enfin, concernant les objectifs de Linden Lab, il semble que ses dirigeants ont enfin compris qu’il serait plus judicieux de segmenter la partie business et la partie communauté proprement dite.
    Les 2 faisant rarement bon ménage ensemble (mais sont pourtant complémentaires pour que SL perdure financièrement et médiatiquement), ils vont donc être traités comme 2 sphères indépendantes dans les mois qui viennent.
    Sous quelle forme ? L’avenir proche nous le dira, et Leo nous pondra surement un nouvel article à ce moment là !

    Commentaire by koxinell lane — 22 février 2009 à 1:30

  3. Ice

    « Interdiction » rime rarement avec « liberté », je crains que la liberté créative qu’ont les résidents actuellement se réduise peu a peu, ce qui en fera certainement fuir plus d’un.

    Il faut être réaliste, la créativité des résidents perdus ne sera pas « remplacée » par celle des entreprises qui viendront s’implanter (il suffit de voir le sociétés qui se sont implantées, qu’ont elles apporté ? Rien ou presque !)…

    Bref, ce « virage sur l’aile » risque d’être néfaste a l’esprit de SL, qui gagnera peut être plus d’argent, mais perdra son âme…

    Commentaire by Ice — 22 février 2009 à 11:34

  4. LeoMaxx Sautereau

    @ Koxinell : Merci pour ces compléments d’informations :)

    @ Ice : Utopie veut bien dire ce que ça veut dire. Un idéal est toujours éphémère et la raison l’emporte souvent sur le cœur, parce c’est la raison tout simplement.
    Par contre, il faut bien reconnaître que les entreprises sont indispensables au développement de Second Life et quand je dis « entreprises », je pense qu’on pourrait aussi rajouter associations ou les structures publiques comme les collectivités territoriales.
    A conditions évidemment que celles-ci ne soient pas QUE des vitrines… :oops:

    Commentaire by LeoMaxx Sautereau — 22 février 2009 à 13:17

  5. Ice

    Justement, je pense qu’il est utopique de croire que les « entreprises » puissent bâtir… SL s’est jusqu’ici développé sans le concours des entreprises…

    Que LL ait besoin des entreprises pour se développer, je n’en doute pas, que SL en ait besoin, j’en doute. De plus, je le maintiens : tuer l’esprit « pionnier » de SL c’est tuer SL.

    LL avait des centaines de possibilités de développer son business sans « casser » SL, comme c’est en train de se produire depuis quelques mois (vente de licences privées, interopérables que les entreprises auraient pu bisouiller a loisir pour y mettre leur protocoles de sécurité, mise en place de systèmes dérivés de la technologie utilisée par SL dans les systèmes d’info de ces sociétés…). La voie choisie est tout simplement pas la bonne, car les entreprises n’auront jamais confiance dans ce metavers qu’elles ne comprennent pas. Puis, les rares tentatives d’utiliser SL comme un débouché ont été des echecs retentissants…

    Bref, en plus de casser ce joli monde, ils n’atteindront pas leur objectif, à mon avis

    Commentaire by Ice — 22 février 2009 à 17:14

  6. Ice

    PS : faut vraiment que tu mettes en place le plugin dont tu parlais… Les entreprises préfèreront sans doute « bidouiller » un pseudo-SL que de le « bisouiller » :lol:

    Commentaire by Ice — 22 février 2009 à 17:15

  7. LeoMaxx Sautereau

    Nous avons deux profils d’entreprises :

    le premier concerne les marques qui viennent sur Second Life pour s’y faire de la publicité et seulement de la publicité. Ces dernières sont évidemment inutiles à la communauté mise à part peut-être le fait que leur implantation va être relayée dans les médias et donc faire parler de Second Life.

    Le second profil concerne ces entreprises qui viennent se faire de la pub mais aussi expérimenter de nouveaux dispositifs (de vente, de prestations ou de communication. Je pense que ces dernières sont utiles, encore faut-il qu’il existe un outil clair et pédagogique qui leur permettre de faciliter leur installation. Il en existe je crois, mais ils sont particulièrement opaques.

    Peut-être que la communauté devrait se montrer moins hostile aux entreprises, et développer des programmes qui les aident et qui les encouragent à développer du contenu. Mais c’est un vaste débat avec un parti « idéologiquement » opposé aux entreprises sur les mondes virtuels. Pour ma part, je suis pour mais dans un intérêt collectif.

    @ Ice : j’ai installé le plugin, mais la visualisation est encore rudimentaire : en bas sous la cellule du commentaire, tu dois voir « strong », « Em » etc. Ca correspond aux outils de mise en forme.

    Commentaire by LeoMaxx Sautereau — 22 février 2009 à 20:17

  8. koxinell lane

    @Leo > il serait également appréciable que les entreprises qui s’implantent sur Second Life arrêtent de se regarder le nombril, et portent aussi un peu d’estime à la communauté.

    Pour avoir parlé avec plusieurs chefs d’entreprise, dont certains ont une activité connue sur SL, à propos de potentiels projets qui n’ont jamais abouti, je peux te dire qu’ils nous prennent vraiment de haut.

    En gros, ils pensent que l’ensemble des communautés francophones, réparties en une multitude de petits groupes (souvent autour d’un domaine ou d’un groupe à thème) représentent un intérêt et un poids plus que négligeable, et ne méritent pas de s’y attarder.

    Avec le temps, la plupart se cassent les dents et quittent SL (ou parfois n’ont même pas essayé d’y mettre les pieds).

    Certains, un peu plus malins, tentent de développer leur propre communauté en essayant de recopier les schémas des domaines établis et reconnus.
    Même si ce n’est pas une idée saugrenue dans l’absolu, ils vont toutefois droit dans un mur de difficultés car :

    - une communauté prend des mois, voire des années, à construire et fidéliser. De plus, les qualités et l’expérience requises pour la gérer, ainsi que le réseau de contacts sont beaucoup plus importantes qu’on pourrait le croire. Difficile à comprendre pour des hommes d’affaire qui tentent d’appliquer leur business plan à SL sans même l’adapter au facteur humain.

    - un manque de partenariats, ou du moins de contact avec les autres communautés vous coupe malgré tout d’une grande majorité de visiteurs potentiels. Ils négligent trop le bouche à oreille.

    - le concept d’une communauté réunie autour d’une entreprise, ou d’un service bien particulier, est totalement utopique. Les visiteurs vont vite se lasser et chercher d’autres lieux qui leur offrent des activités plus variées : résidences, jeux concours, écoles, commerces, RPs, etc…

    Je le répète, communauté et entreprises sont complémentaires pour que SL continue à exister.

    Mais il doit exister une solution pour les faire cohabiter, à mi chemin entre l’implantation de type « plaquette » et le « chacun chez soi ».
    J’imagine qu’un système de sponsoring/partenariat d’une communauté par une entreprise pourrait réellement aboutir à un résultat intéressant, en conjuguant moyens et connaissances.
    Mais personne n’a jamais eu l’idée ou le courage de se lancer dans ce type de projet.

    Commentaire by koxinell lane — 22 février 2009 à 22:54

  9. Ange zanetti

    @Kox : Personne ne fait se genre de projet car ceux qui ont du crédit dans SL sont bien souvent des boîtes de com qui vendaient du Net avant de vendre de l’univers virtuel ! Ceux qui comme moi ont commencé résidents et qui ont fini résident sont peu nombreux. Du coup on se retrouve avec des projets comme Boulanger qui s’implante en pensant que SL est un sandbox géant et qui finalement sans même le savoir nuisent à leur image et réduise la confiance des résidents dans leur marque. En fait je crois que c’est dommage pour tout le monde, la communauté y perd, en service par exemple, et les marques aussi…

    Sponsoring ou pas oui je suis convaincu qu’il est possible de faire cohabiter ces deux mondes ne serait ce qu’en proposant des avantages/services aux résidents. Comme Orange Isalnd par exemple qui est pro et qui est parfaitement intégré non?
    Bon ok c’est fait pas Nick Rhodes qui n’est pas vraiment un noob né du dernier rezz :)

    Commentaire by Ange zanetti — 23 février 2009 à 9:24

  10. Ice

    Koxinell a raison sur un point (qui n’est pas propre à SL, mis à toute l’informatique) : Les professionnels prennent souvent les « amateurs » de très haut. Pas assez « pro », pas assez « carrés », les amateurs auraient, selon ces « professionnels de la profession » tous les défauts.
    Or, je sais pertinemment que cette vision est totalement fausse.

    1. La plupart des pros sont « ancrés » dans des tecnhologies ou des pratiques qui, souvent, datent de leur dernier passage « à l’école ».
    2. Les règles qui premettent de bâtir un univers cohérent et fonctionnel sont les mêmes, qu’on soit « pro » ou « amateur ». Pour faire partie des « pros », je sais que la recherche de la « petite bête », la tentative du bout du bout de l’optimisation est plus prégnante chez les amateurs.
    3. Les « pros » voient, et c’est dommage, SL comme un divertissement pour geeks, mal fait, « nid à virus », « anarchique »… Inutile que je développe pourquoi je ne suis pas d’accord avec cette assertion :)
    4. Le plus grave, à mon sens, ils se croient détenteurs d’un « savoir » que les « amateurs n’auraient pas… Les discussions les plus « pointues » que j’ai pu avoir sur la technique ou sur la progra se sont plus souvent passées avec les fameux amateurs « ignorants ».

    La plupart de ces « reproches » peuvent aussi s’appliquer au clivage « pros anciens » / « pros nouveaux »…

    Le plus ridicule dans tout ça, c’est que derrière les amateurs que nous serions, se cachent souvent des pros de très haut niveau… qui n’oseraient probablement pas dire dans leur entourage professionnel « Je bâtis dans SL »… :D

    Voici ce qu’une amateure devenue pro peut dire des relations entre « informaticiens sérieux » et les « amateurs » que sont les résidents… Passée par l’amateurisme des années 80 avant de devenir sérieuse, je connais assez bien ce problème qui, hélas, perdure…

    Commentaire by Ice — 23 février 2009 à 9:50

  11. Gregleens Merlin

    Salut à tous, je persiste à penser que les entreprises ont leurs places dans SL. Mais comme le souligne Koxi, cela ne peut pas être fait au détriment de/sans la communauté.

    L’équation est assez classique en fait : Une entreprise à besoin de visibilité, et la visibilité est faite par la communauté.

    Nous avons implanté Jura dans cet optique là et nous avons atteint nos objectifs. L’île est visité en moyenne par 150 à 200 visiteurs jours ce qui est un bon résultat à l’échelle de SL. Nous voulions faire connaître le Jura à travers le monde, c’est aujourd’hui 37 nationalités différentes qui passe visiter Second Jura.

    Les entreprises injectent de l’argent dans SL par leur consommation d’objets/services, par le paiement de travaux demandés à des résidents spécialisés. Elles contribuent également à la médiatisation de Second Life auprès des médias et du public.

    Concernant notre expérience, nous en avons largement parlé en RL : au niveau local, lors de conférences, dans les journaux, et je continue à évangéliser SL dans chaque réunion professionnelle…

    Il faut également rappeler, que bon nombre de résidents ayant une activité à succès dans SL gèrent leur business de la même façon qu’un entrepreneur. Je pense qu’ils doivent être classés dans la catégorie pro même s’ils n’en ont pas le statu en RL.

    Commentaire by Gregleens Merlin — 23 février 2009 à 11:11

  12. Ice

    Gregleens, combien de personnes dans ton entourage professionnel immédiat considèrent SL avec le respect qui lui est du et combien te prennent pour un illuminé? Les mentalités, dans le milieu professionnel, ne sont pas prêtes à voir les résidents comme autre chose que des « joueurs »…

    En fait, il y a plusieurs types de venues sur SL :
    - La « boite » qui croit pouvoir y faire des profits. Sauf exception très rare, elle se plantera.
    - La « boite » (Jura en est un exemple) qui veut se faire connaître, qui y fera un boulot de qualité avec un vrai travail créatif et une vraie envie de partage. Celle-ci, si elle persévère, arrivera a un résultat honorable (le terme de succès me paraît fort, même si 200 visites/jour c’est un très joli score).
    - La « boite » qui ne voit là qu’un media de plus où faire sa pub pas cher, et où trouver des créatifs vraiment pas chers (moins chers que les Indiens ou les Chinois, c’est dire), à l’instar de ce constructeur auto qui a trouvé des stylistes pour un concept car pour presque rien (le vainqueur du concours gagnait 12000 L$, si je me souviens bien). Ceux là se plantent d’approche et sont voués à l’echec … ou a changer leur fusil d’épaule.

    Les résidents savent que les « entrepreneurs » de SL sont au moins au niveau des entrepreneurs de la RL. Mais combien de temps faudra-il au non résidents pour prendre au sérieux ce métavers où il n’est pas seulement question d’argent?

    Pour en revenir au thème de départ, je reste persuadée que LL se plante : en cherchant une certaine forme de « respectabilité », ils vont tuer l’esprit de SL, mais pas forcément gagner de l’autre coté… Tant pis pour eux, tant mieux pour les grids alternatives…

    Commentaire by Ice — 23 février 2009 à 14:49

  13. bilou

    C’est qui ce constructeur auto qui se paye des stylistes gratos ?
    C’est Peugeot ? Donc boycot.

    Commentaire by bilou — 15 avril 2009 à 9:14

  14. Ice

    Je préfère taire le nom de ce constructeur… Car, en dehors du prix dérisoire pour les primés (il y en avait 3), faut penser qu’ils ont reçu plusieurs autres exemplaires non primés, mais qui ont put leur servir de base quand même…

    C’était y’a un an… y’a prescription :)

    CE qui est marrant c’est que les « organisations » qui sont déjà implantées depuis un moment sont souvent des associations caritatives ou des groupes proches des mouvements alter-mondialistes… J’attends le jour où ces groupes auront pour voisins les géants de l’agro-alimentaire ou des multinationales :D

    Commentaire by Ice — 15 avril 2009 à 10:40

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