Histoire DOM
BDSM, 4 lettres somme toute modestes qui font couler autant de salive que d’encre, et malheureusement trop souvent les propos tenus issus d’individus éloignés de ces pratiques tendent à dresser un bilan empreint de stupre.
Quelques commentaires déposés en à la suite de l’article » Aude à l’amour » en sont le triste exemple.
Philip Rosedale, le déclarait lui-même lors d’une interview, le sexe est aussi un moyen de communication et d’intégration, aussi trouve-t-il logiquement sa place au sein du monde virtuel qu’est SL.
Pourquoi alors s’offusquer face aux groupes bdsm en présence et considérer que leurs adeptes ne peuvent être que des individus assoiffés de perversion voire cruellement frustrés ou en mal de libido ?
On ne naît pas Maître ou soumis(e), on choisit de le devenir…
Plus encore qu’une pratique, il s’agit d’une philosophie presque d’un art de vivre, se déclinant telle une toile d’araignée en de nombreux modes d’expression. La recherche de nouvelles sensations ou plaisirs sexuels n’est pas le seul facteur motivant l’adoption de telles pratiques, parfois la vie et ses aléas nous poussent à nous surpasser ou à subir, dès le plus jeune âge, pour survivre.
Certains feront le choix de stopper net, d’autres se laisseront glisser au gré du vent poussés et trainés par la volonté de ceux plus forts, qui auront quant à eux décider de résister pour affirmer leurs différences. Souvent, ces derniers poursuivront sur leur lancée, se consacrant à soutenir les plus faibles pour les conduire vers les objectifs qu’ils espèrent sans oser y croire.
Il serait trop long et surtout trop difficile de développer en détails les méandres des pratiques.
Sans avoir la prétention de jouer les donneurs de leçons, ni même d’enfiler la robe et l’épitoge, il semble pourtant nécessaire d’apporter quelques précisions pour tempérer les ardeurs verbales de certains détracteurs.
Si beaucoup de personnes sous couvert de leur avatars arborent fièrement une marque d’appartenance à l’un des groupes, tel un titre honorifique ou le dernier sac à main tendance, peu d’entre eux peuvent affirmer avoir saisi le sens exact des mots masqués derrière les lettres, et encore moins capables de respecter les règles établies.
Pas d’école dispensant à coups de badine les préceptes, ni livre ni tableau noir, ni pupitre.
Il existe, sur SL, quelques lieux où une approche des conséquences d’un engagement sera abordée, mais seule l’expérience vécue apportera les enseignements nécessaires à l’accomplissement.
Au premier abord, il serait aisé de s’imaginer que tout individu disposant d’une once de charisme ou d’une bonne connaissance du management, serait à même de s’adonner au BDSM et de se déclarer Maître ou Maîtresse.
Suivant le même cours d’idée, comme il doit être » doux » de ne plus avoir à affronter ses propres démons, d’oublier pour un moment le » qu’en dira-t-on » et le regard des autres, de se poser en » victime innocente – en omettant bien sur d’avouer son consentement- et de donner libre cours à ses fantasmes les plus » fous « .
Il n’en est rien, puisque c’est ici que se dessine la vraie base.
Sous son aspect » ludique « , l’objectif est une quête de l’éveil des sens partagée.
Si cela se transforme en » jeu de dupes « , le charme se rompt indubitablement.
Avant même d’agir sur le physique, les sensations recherchées naissent du mental et l’enrichissement de la relation n’est que plus complet et fructueux, que si la relation est solide et viable, si la convention est mûrement réfléchie, sincère.
Le lien entre le(la) dominant(e) et le(la) dominé(e) engagera tant l’un(e) que l’autre, sans doute même plus encore celui ou celle qui sera le Maître (la Maîtresse), puisque son devoir sera dès l’acceptation des voeux de l’autre de prendre la responsabilité d’une nouvelle vie.
De fait, la première pierre de l’édifice sera la confiance – même affamé, un âne n’a jamais avancé sur un pont de singe branlant pour aller quérir une poignée de son.
Seul(e) un Maître (une Maîtresse), digne de porter ce titre saura définir en aval les appréhensions de cette âme qui s’est abandonnée à lui et qu’il a choisit de guider.
Le chemin adopté par les deux parties sera parfois jalonné d’épreuves, qui seront franchies en binôme, l’un(e) puisant sa force dans l’autre, l’autre se ressourçant dans la fierté offerte par le premier dans son nouveau dépassement de soi, nouveau symbole du don de sa personne.
Aucune frontière n’est officiellement établie. Le respect des limites infranchissables du(de la) dominé(e) par le dominant baliseront la safezone.

Au théâtre, ce soir… ? !
Sur SL, les premiers éléments sur lesquels le regard s’arrête dans les lieux bdsm sont les accessoires.
Si certains les nomment » engins de torture « , tandis que d’autres en usent et en abusent à grand renfort de clicks pour tenter d’expérimenter une nouvelle approche de leur sexualité, les puristes adeptes du bdsm ne s’appuieront que sur la puissance visuelle d’une ambiance recréée nourrissant le corps d’un scénario.
Néanmoins, inutile de déclamer en assemblée publique, le déroulement d’une scène de jeux intimes, seul importe le partage d’émotions et de sensations vécues, malgré un décor, des personnages, nous sommes très loin de la représentation théâtrale.
Le Marquis de Sade d’ailleurs, souvent cité à tort comme un exemple de débauche, n’a du sa survie durant ses longues années d’emprisonnement qu’à son imagination aussi débridée que débordante.
Piètre amant selon la Marquise, il a su néanmoins tiré profit de ses fantasmes et de ses talents littéraires pour résister à l’isolement en s’inventant des mondes où il lui était donné l’occasion de punir les membres d’une société qui n’avait su le comprendre, tout en y mélant les plaisirs de la chair nécessaires à tout équilibre humain sain d’esprit.
Là encore on constate l’importance de l’intervention du mental et l’on prend encore plus conscience des dégâts psychologiques générés chez certaines personnes ayant » séjourné » sur les sims goréennes.
A l’origine, un écrivain, John Frederick Lange Jr alias John Norman, décrit un monde de science fiction, où l’Homme occupe la 1ère place et dirige sans partage la vie de créatures féminines.
Un univers où le machisme est le maître-mot, composé de règles établies par et pour eux d’abord.
Toutefois, une notion du respect de l’Etre Humain quelque soit sa nature se distingue au coeur de l’ouvrage.
Malheureusement, aujourd’hui sur SL, ce dernier élément, valeur initiale inculquée dans toute éducation et indispensable à toute vie communautaire à complètement disparu des esprits.
C’est une chasse à la » femme » qui s’organise, afin d’achalander les places sur les marchés aux esclaves ou de renouveler les stocks des geôles goréennes pour compenser les pertes.








































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