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Archives pour la catégorie ‘Mondes Virtuels/Réseaux sociaux’

Twinity : le monde virtuel allemand s’ouvre au monde

Dans le cercle pourtant très ouvert des mondes virtuels, il n’y a pas que Second Life, même si ce dernier est confortablement installé sur le trône du roi. Twinity, invention allemande, prend l’épée et le bouclier pour tenter une percée dans cette armée romaine. David contre Goliath ?

Le Web 3.0, prématurément nommé ainsi par ses pionniers, continue son épanouissement dans un environnement socio-économique de plus en plus ouvert à ses principes (développement durable, rapidité de l’information, sédentarité…). La deuxième version du web (blog, galeries photos…) a victorieusement acquis son certificat de démocratisation massive, le troisième opus saura-t-il triomphé de la sorte ?

Le phénomène Second Life est souvent considéré comme l’initiateur de cette nouvelle génération de l’échange distant. En plus d’acquérir et de partager l’information, vous la vivez. C’est ça le monde virtuel : tenter de casser les barrières de l’absence de « physique » en émulant la présence humaine dans un environnement immatériel.  Cela dit, ce concept aussi ambitieux que tapageur est quelque peu chamboulé par un démarrage rapide mais cafouilleux. Depuis la mort de Lively, SL est le seul vraiment dans la course, malgré les critiques (mensongères) de la presse populaire à son égard. Malheureusement il est difficile de prospérer dans un marché monopolistique avec l’absence de points de repères. Ni HiPiHi, ni There, pas même le pétard mouillé Lively ne sauront triompher de cette plateforme controversée… Twinity, invention allemande, lancée depuis plus d’un an a-t-il le potentiel pour devenir LE concurrent ?

Twinity est un monde virtuel qui pourrait se situer fonctionnellement entre Second Life et Lively. Il utilise donc des ficelles déjà connues pour lui permettre de s’émanciper au mieux. Nous verrons si ces choix sont judicieux ou pas. A l’origine de ce projet, une jeune entreprise berlinoise fondée en juillet 2006, Metaversum, qui a pris le pari -risqué- de la plateforme virtuelle. Le développement rapide du client a permis d’inaugurer une bêta privée dès le 8 Mai 2007 et une ouverture au public qui s’est ouverte le 5 Septembre dernier.

On s’enregistre et c’est parti…

Tout d’abord, il est important de souligner que Twinity est encore en phase de test (bêta) et que, par conséquent, nous nous devons d’être indulgents quant à l’instabilité du système et à divers plantages. Cela dit, mon expérience dans Twinity s’est montrée particulièrement « paisible » : peu de bugs, aucun freeze… juste quelques bugs de textures. Bref c’est du bon travail de ce point de vue.

L’enregistrement de Twinity passe par son site web. Un visuel un peu dépouillé mais particulièrement lisible. Bien qu’en anglais, l’inscription est facilitée par un système de guidage par étapes simple et rapide. Une minute suffit à créer son compte! Je souligne également que le profil se construit sur le site web, mais il est possible de l’éditer in-game également. C’est propre, c’est net, c’est simple, c’est allemand… Nickel chrome.

Les développeurs se sont toutefois largement inspirés de Second Life dans sa forme. Le chargement du client lui ressemble étrangement, la clarté en plus, mais toujours avec cet aspect un peu épuré. Bien pour le sérieux, un peu moins pour la fantaisie. Au lancement, le logiciel cherche automatiquement des mises à jour et force leur installation. Après une semaine de test, j’ai reçu environ quatre à cinq mises à jour, ce qui prouve que le développement du client est particulièrement actif et semble-t-il régulier. Il est clair que les auteurs de Twinity cherchent à distinguer leur rejeton par sa stabilité et sa simplicité d’utilisation. Encore un bon point.

Des graphismes satisfaisants mais une navigation contrastée

Après une connexion un peu lente mais pas trop, je me retrouve sur le point d’accueil de Twinity. Première observation : les graphismes sont faussement hideux, je m’explique…. Par défaut, le client emploie un mode fenêtré à basse résolution et sans filtrage, ce qui donne l’impression de jouer à un vieux jeu 3D sous interface Java. Heureusement il est possible de modifier les paramètres graphiques et de naviguer en haute résolution/plein écran. A partir de là, je constate que les graphismes sont plutôt corrects, quoiqu’un peu austères (ça ressemble un peu au jeu de cul Singles, sorti il y a quelques années sur PC). Malheureusement, on se sent un peu frustré par les déplacements laborieux de l’avatar, franchement pas évidents. Mon personnage donnait l’impression d’être un traîne-savate se hâtant d’aller passer l’aspirateur dans sa bauge de chambre. Ca laggue pas mal mais c’est surtout lent et paresseux, un peu comme un footing post-frites. Heureusement Twinity fait une petite part à la mobilité…

Question interface c’est beaucoup plus poilant. En gros, Twinity propose les mêmes possibilités que Second Life (encore…) mais de manière beaucoup mieux optimisée et aisée. Peu de fenêtres, et une organisation impeccable des menus. L’essentiel de la navigation se fait au pointé de la souris. On s’habitue rapidement à l’interface, visiblement travaillée pour être la plus fonctionnelle possible. Résultat, mise à part les petites barres d’outils en bas et haut, nous avons une vue parfaite sur l’environnement graphique. Dommage que le client ne gère pas encore les ratios 16/9 et 16/10…

Des possibilités créatives limitées et un environnement fermé frustrant

Si Twinity puise son inspiration dans Second Life, il profite également d’un rapprochement évident avec feu le monde virtuel de Google, Lively. Ainsi la plateforme allemande emploie un système de « rooms » plus confinées mais plus guidées que les lands de Second Life. Leur création est gratuite, c’est leur aménagement qui est payant. A l’image de l’ensemble des mondes virtuels, Metaversum a introduit une monnaie de substitution, le Global, qui peut-être converti en euros/US Dollars. Ce système vous permet d’acheter du contenu pour décorer votre appartement, votre aire ou votre maison. En tant que nouvel inscrit, vous bénéficiez d’une généreuse dotation pour vous aider à démarrer. Elle vous permet d’acheter un peu de décoration de base dans un système qui rappelle étonnamment celui des Sims 2.

Au premier abord, l’aspect créatif semble inexistant, le mobilier, les textures, la construction, semble l’exclusivité de l’éditeur. Le client offre pourtant la possibilité d’importer vos créations mais il vous faudra vous affranchir d’un abonnement mensuel pour cela (mauvaise opération ?). Impossible de savoir de quel montant il sera, puisqu’il le passage en « Premium » est gratuit durant la période d’essai de la version bêta.

L’environnement de Twinity est passablement frustrant. L’espace « accessible » est limité à des surfaces souvent modestes, mais qui proposent une ouverture « visuelle » vers l’extérieur. Du balcon de votre appartement, vous pouvez en effet admirer les rues de la ville, et d’autres buildings… Mais aucune commande ne vous permet de vous y rendre. Claustrophobes, s’abstenir!

Un monde virtuel à construire et à peupler…

Le plus gros défaut de Twinity est logique et prévisible : son contenu. Lancé depuis moins d’un an, concurrencé par Second Life, There ou encore IMVU, le monde virtuel allemand a du pain sur la planche pour de se désincarcérer d’une concurrence écrasante, dans un marché qui se cherche encore. Difficile de mesure l’audience actuelle du metavers étant donné que l’éditeur ne communique aucun chiffre à ce propos. Un silence qui n’est pas forcément de bon augure…

Le concept de Twinity laisse peu d’espace (sens propre comme figuré) aux communautés. Résultat : vous ne croisez personne ou presque! Frustrant pour une plateforme de communication… Même l’accueil de Twinity n’est pas très peuplée, et les quelques badauds (qui donnent l’air d’avoir cherché un lieu avec la mauvaise carte) parlent à 90 % allemand. Si vous êtes français, il est donc recommandé de parler une deuxième langue en espérant que ce soit pareil pour votre interlocuteur. La « Welcome » n’est d’ailleurs pas super bien fichue au passage, l’organisation est brouillonne et les panneaux peu lisibles. Heureusement que le logiciel est facile à prendre en main.

Pour aider à se développer, Metaversum a signé quelques contrats avec de grands noms pour bénéficier d’une flatteuse publicité. Ainsi un accord avec Sony Pictures a été conclu pour la promotion de Quantum of Solace (le dernier James Bond). Le client propose à tous les résidents un « set » d’objets collectors dédié au film de Marc Forster, ainsi qu’une « sim » consacrée à l’œuvre. Mais finalement on se demande si cette intrusion publicitaire ne serait pas néfaste. On connait bien l’impopularité des entreprises dans Second Life, surtout celles qui y sont exclusivement pour se faire mousser.

Je finirai ce test (non exhaustif) par une note positive. Twinity veut donner un aspect « réel » à ces lieux en géolocalisant chaque « room ». Chaque appartement ou maison est en effet lié à une vraie ville du monde entier (je n’ai pas pu tester à fond la précision de la base de données mais elle semble très importante, du moins en ce qui concerne la France et l’Allemagne). Il est donc facile de retrouver un « voisin » dans le moteur de recherche en rentrant simplement le nom de sa commune. Pratique! Évidement tout cela relève encore du rêve, étant donné la fréquentation désertique actuelle.

Un bilan mitigé malgré quelques bonnes idées

Au final, Twinity laisse une impression mitigée. Le client ne manque pourtant pas de qualités, sa réalisation est d’ailleurs sans réel reproche : le tout est soigné, clair et efficace, des avantages certains contre Second Life qui, avoue-le, fait figure d’un certain « bordel », vu qu’on y trouve tout et n’importe quoi. Mais c’est bien là le problème du logiciel du jour, son fonctionnement est malheureusement peu ouvert à la création, même si les options le permettent. La finition presque trop parfaite donne l’illusion que rien n’est à construire alors c’est justement tout le contraire. Metaversum est victime d’une trop bonne volonté de bien faire, tout est tellement facile pour les débutants que les utilisateurs confirmés s’y ennuieront très vite.

Il est regrettable également que Twinity propose un système de « rooms » comme Lively. Cette navigation « morcelée » fait que ces espaces sont désespérément vides et provoquent une certaine frustration, pour ne pas dire déprime. On appréciera cependant la localisation « réelle » de ces salles qui permettent un ciblage précis de la culture que l’on désire côtoyer. Sympa, mais insuffisant.

Si Twinity a des traits de ressemblance avec Second Life dans la forme, il fait figure de juméléité avec Lively dans le fond. Le destin de ce dernier n’inspire rien de vraiment optimiste pour la plateforme allemande…

SITE INTERNET DE TWINITY

LeoMaxx Sautereau

Lively ferme ses portes! : Google râte le virage du « Web 3.0 ? »

Difficile à croire et pourtant… Lively c’est terminé! Le monde virtuel lancé en grandes pompes par Google ne vivra pas le fabuleux destin imaginé ses utilisateurs lors de son lancement. Les prédictions des spécialistes ont donc été inexactes, la machine à gagner dessiné par le géant américain finira sa carrière dans le Top 10 des plus beaux vautrages de ces dernières années. Un sacré raté pour l’entreprise qui loupe un virage important dans l’évolution du web.

« Lively no more ». Une annonce tombée timidement ce matin dans les colonnes du blog officiel de Google. La première lecture a des airs de canular, ce monde virtuel était déjà présenté comme le « concurrent direct de Second Life », une plateforme de communication qui compensait toutes les imperfections du produit de Linden Lab tout en gardant le meilleur, et surtout, qui profitait du haut-standing de la marque. L’information est pourtant vérifiée : Lively fermera ses portes le 1er Janvier 2009. Qui aurait pu prédire une fin aussi prématurée. Le projet était encore en version bêta…

Lively, un pétard mouillé qui manquait d’étincelles

La machine médiatique a fait son œuvre, mais ça n’aura pas été suffisant. La presse généraliste et spécialisée en avait presque fait leur chouchou face à l’arrogant succès de Second Life. Pourtant à y réfléchir, l’échec de Lively n’est pas si surprenant que cela. Trois mois après son ouverture au public, le buzz incroyable était déjà retombé. Il faut dire que la surenchère était de mise, frôlant souvent la publicité mensongère, vantant des mérites que le monde virtuel n’avait certainement pas. La créativité, l’affluence, l’attractivité… Tout cela était encore à prouver et ne le sera jamais.

Cette annonce démontre cependant que le soutien médiatique est loin de pérenniser le succès d’une plateforme virtuelle, que la signature d’un grand nom de l’industrie du web n’est pas non plus un gage de réussite… Le contenu est incontestablement un argument de qualité et Second Life est de ce côté largement en tête, grâce à une ouverture à la créativité. Le talon d’Achille de Lively fut probablement son fonctionnement étriqué, conçu pour une intégration plus facile de nouveaux résidents. Des avatars déjà tous bien vêtus, des environnements déjà créés de toute pièce, un style cartoon très grand public… Voilà qui ne motivait pas à s’arracher les poils pour créer massivement un contenu personnalisé. De plus, le client n’était pas spécialement programmé pour la création. Ce monde virtuel n’en était pas vraiment un. Il ne s’agissait ni plus ni moins qu’un vague salon de discussion avec un système de « rooms » trop atomisé et mal adapté au regroupement communautaire. Google s’est planté.

Une fermeture curieusement précoce

Certes Lively ne manquait pas d’imperfections, mais une fermeture au bout de six mois éveille tout de même l’étonnement. En effet, le programme était encore en phase de test, pas en phase d’évaluation. Quand un logiciel ne répond pas vraiment aux attentes des utilisateurs, l’éditeur et le développeur se chargent de compenser les lacunes dans l’optique de redresser la fusée dans la bonne direction. Je ne connais pas beaucoup de logiciels parfaitement au point au bout de quelques mois. Aujourd’hui je me pose la question de ce qui a réellement motivé Google à abandonner Lively.

L’hypothèse la plus probable serait que la firme a sous-estimé, ou en tout cas mal analysé, le marché des mondes virtuels. Surprenant de la part de Google! Surtout quand on sait que Lively était en préparation depuis deux ans! De plus, comment se fait-il qu’IMVU ou Twinity continuent d’exister avec beaucoup moins d’utilisateurs ?

La seconde option serait que Lively jouait le rôle d’éclaireur. L’arbre qui cache la forêt en somme. Un produit qui tâtonnerait le marché en vu de proposer quelque chose de réellement adapté. Certes la raison peut-être également financière, mais personnellement je n’y crois pas. Un projet ne peut-être être rentable en six mois et sans correctifs de fond.

Lively sera toujours disponible jusqu’au 31 Décembre 2008.

LeoMaxx Sautereau

VSide : Un nouveau monde virtuel à découvrir

Difficile de copier Second Life, et pourtant l’exercice semble pourtant bien tentant. Aussi, les plateformes de jeux sortent des couveuses les unes derrière les autres, chacune essayant de se démarquer par un style différent.
Ainsi, Vside (anciennement The Lounge) s’efforce de maintenir le cap de son univers basé majoritairement sur l’actualité musicale, avec sa nouvelle mouture.

Si vous en avez marre de jongler avec les stations de webradio pour écouter vos morceaux préférés tandis que vous vous baladez sur Second Life, vous trouverez ici un palliatif temporaire mais ne rêvez pas non plus, vous êtes loin de retrouver toutes les fonctionnalités et les graphismes de ce monde virtuel qui défraie toujours la chronique mais qui pour l’heure, n’a pas encore trouvé de rival susceptible de l’inquiéter vraiment, nommé Second Life.

Vside, c’est quoi ?

Une communauté virtuelle dont la moyenne d’âge des résidents tourne autour de 20 ans.
Non pas que les quadragénaires ou les jeunes retraités trouvent porte close, mais l’activité principale proposée étant le clubbing, les sujets de conversation tournent vite court et on finit rapidement par s’ennuyer mortellement, enfermé dans son loft, assis devant sa grille de tétris.
Surtout si vous êtes un fervent adorateur de Mireille Mathieu ou de Jacques Lantier, car le seul endroit où vous pourrez encore espérer entendre leurs ritournelles sera votre salon virtuel en diffusant les quelques videos retrouvées – quelle aubaine ! – dans les archives de Youtube.

Bien qu’il soit maintenant avéré que l’existence virtuelle sous les traits d’un avatar dans la peau duquel chacun a transposé une infime partie de son égo génére quelques troubles obsessionnels, ne vous précipitez pas sur votre téléphone cellulaire pour contacter les services sociaux, à l’approche d’avatars VSidiens au comportement curieux voire même désarticulé sur une des places publiques du jeu.
Vside c’est ça aussi.  Même si le jeu dispose de clubs, un coin de toit ou de table fera toujours l’affaire pour les adeptes du tremoussage.
Ajoutez une histoire derrière le décor, et vous aurez une pâle imitation de West Side Story version relookée 60 ans après.

Justement, parlons des décors. Assez simplistes, inspirés sans doute de quelques ruelles existantes, les trois principaux sites proposés à la visite manquent de créativité et de variétés.  Il est même assez déroutant de retrouver des ambiances identiques sur La GenoaAires et New Venezia au point de se perdre au cours d’une quête.
Eh oui, les réalisateurs de VSide ont compris aussi que l’humain aime être congratulé et adulé, aussi le côté mégalo qui sommeille au fond de chacun trouve satisfaction. Au gré de sa visite, l’avatar découvrira de nouveaux lieux, répondra à des quizz et ainsi se verra gratifier de points (échangeables contre quelques items), lui permettant ainsi de faire progresser la valeur de son égo par l’intermédiaire de son niveau de jeu.
Néanmoins, rendons à César ce qui lui appartient, si vous avez la détente facile sur le Reflex Auto Focus, l’occasion vous sera offerte de réaliser quelques beaux clichés.

Money for nothing !

Le troc a connu ses belles années d’existence durant la Préhistoire et aujourd’hui, c’est un fait incontestable, plus rien ne se donne.
Bien qu’à votre arrivée sur The Gateway, les premiers rudiments du jeu vous soient fournis et quelques menue monnaie, vous constaterez bien vite avec amertume, que  votre porte-feuille sera encore une fois sollicité si vous souhaitez agrémenter l’apparence de votre personnage ou son logement.
L’appât est bien ficelé.Tout nouveau résident, vous voici déjà disposant d’une garde-robe,d’un appartement et de quelques objets d’ameublement.
Que demande le peuple ? Rien de plus, si ce n’est peut-être un peu plus de personnalité et de créativité.
C’est là où le bât blesse.
Lorsque vous découvrirez les propriétés de certains avatars, votre nid douillet vous semblera brutalement bien étroit. Vous aurez peut-être envie de vous installer dans un  un yacht ou un duplex. Et là, vous allez devoir faire chauffer la carte bleue !
Idem pour les vêtements. Beaucoup de tenues présentées dans les vitrines des échoppes, mais peu accessibles avec les quelques points gagnés.
Côté créativité, c’est encore très limité. Les quelques  » prims  » très basics pourront être acquis avec des Vbux (obtenus en échange de quelques poignées de dollars), quant aux textures, vous devrez vous contentez de celles proposées, donc impossible aussi de se créer sa propre ligne de mode.

Bon allez, arrêtons de tout critiquer. Quelques points intéressants pour ce jeu qui est toujours en version bêta pour l’instant la navigation et la prise en main sont simples et rapides, très peu de crashs et pas de lag (du moins pour le moment).

http://www.vside.com/app/dashboard

Plus Belle la Vie… virtuelle!

 » Plus Belle la Vie  » c’est un peu comme  » Hélène et les garçons « , tout le monde regarde et pourtant tout le monde vous dit le contraire! Mais ne vous cachez pas derrière votre petit verre de Ricard à 20h20 tous les jours sur France 3, avouez que vous savez mettre une tête derrière Rudy, Tante Mirta ou encore Roland le patron du Mistral. Les scénarii vaseux et les décors de studio à deux roupies – où l’on peut presque voir le smear des projecteurs – ne semblent pas trop vous effrayer d’ailleurs. Nous sommes effectivement tous les jours plus de 5 millions de français, belges et suisses à être accros au feuilleton marseillais, où les acteurs ont tous cet accent parisien qui nous fait craquer…

Un succès appelle toujours un autre succès! Et quand France 3 se prend pour Lucasfilms en se lançant dans le merchanding, ça ne rigole pas! Alors voilà c’est officiel,  » Plus Belle la Vie  » c’est désormais un monde virtuel. Et ça s’appelle Plus Belle la Life. Et non je n’ai pas pris l’accent marseillais de banlieue, c’est bien le nom bien marketting et inspiré du soft.

Ne rigolez pas trop, je suis persuadé que les trois quarts d’entre vous iront essayer le « jeu » dans l’espoir d’y draguer Ninon ou d’emprunter le cigare postiche de Frémont pour fumer quelques taffes. Mais comme je suis curieux et fan totalement subi de la série, je ne peux pas résister et je me connecte !

Mise en route : Simple et simpliste

Tout d’abord, on peut être assez déconcerté par l’amateurisme du site internet qui semble avoir été développé sous Frontpage 95. Néanmoins, les informations sont claires et concises. Pas besoin de pointer le cochonnet pour faire mouche, le lancement du metavers est un jeu de « couillons » et c’est remarquablement accessible.

Quelques secondes plus tard, j’ai déjà créé mon compte où je m’amuse de l’usage de certains termes comme « t’es un garçon ou t’es une fille? » [...tout à coup un souvenir de l'Ecole des Fans me traverse l'esprit...]. Une fois enregistré, on me propose de créer mon avatar. Le choix est plutôt spartiate, n’espérez pas vous faire un look à la Geneviève de Fontenay, ici c’est le minimum syndical… et en parlant de syndicat, mon avatar ressemble à un opérateur de machine à panure, syndicaliste CGT chez Père Dodu. Allez trève de plaisanteries, j’entre au Mistral…

On me propose ainsi de rejoindre un certain nombre de lieux, à commencer par la populaire Place du Mistral ou le quartier des résidents. Il est possible de squatter chez les personnages de la série et pourquoi pas de choper le journal intime de Johannah (qui a dit petite culotte ?). Le système de quartiers reprend le concept des Sims. Pas très original, mais le jeu ne cherche à l’être non plus.

Me voilà donc transporté dans le jeu à proprement parlé. La connexion est quasi-immédiate, le contenu se charge rapidement et proprement. Pas de bugs, pas de plantages, la mécanique est huilée. Les déplacements se font à la Diablo, c’est-à-dire qu’il faut cliquer sur l’endroit pour s’y déplacer. Bien vu.

Un habbo-like thématique et convivial

Question graphisme, les concepteurs de cette joyeuserie populaire ne se sont pas foulés le bocal : c’est tout simplement un copié-colleé du jeu Habbo-Hôtel. Ainsi nous retrouvons une représentation isométrique à la Little Big Adventure (pour les nostalgiques qui connaissent…). C’est gentillet et simple, mais pas laid pour autant. De plus, ça se charge instantanément et ça c’est vraiment cool.

L’interface est un modèle du genre, pratique et intuitive, évidemment en marseillais mais une traduction française est également disponible. Finalement quelques minutes suffisent à rentrer complètement dans le jeu. Mais attention quand même, Plus Belle la Life n’est pas vraiment un monde virtuel, plutôt ce que nous allons appeller une plate-forme sociale en live.

Un concept limité, mais dont les prétentions sont essentiellement commerciales

Le contenu est donc assez limité, voir gadget. Ce divertissement vous propose toutefois quelques outils de créations sympatoches comme concevoir son appartement. Toutefois ne vous attendez pas au nirvana. L’aspect créatif rime plus avec l’aménagement d’une maison de poupées qu’avec la reconstitution virtuelle du Château d’Azay-le-Rideau.

L’objectif est surtout de t’chatter avec les touristes du Mistral voire ses résidents. Il est possible en effet de tailler le bout de gras avec les personnages de la série si vous avez la chance de les croiser. Ainsi en me rendant dans l’appartement de la famille Marci, j’ai croisé la « bourgeoise-pas-si-coincée-qu’elle-en-a-l’air », Ninon. Ce qui est très amusant, c’est que le personnage m’a gentiment aidé à apprivoiser le logiciel. Ce n’est pas un bot mais bien un joueur humain, qui fait office de Mentor et Administrateur à la fois. Je trouve l’idée plutôt sympa, surtout pour les fans du feuilleton.

Ne vous attendez donc pas à un concept révolutionnaire. Plus Belle la Life est conçu pour faire de l’argent et amuser les adolescents qui semblent coloniser en masse les salons au vue des nombreux versets écrits en sms « t vi1 bzé salaup? »…. Une monnaie virtuelle a même été introduite, les « TAT’s » mais que vous devrez échanger contre vos vrais sous via PayPal ou SMS pour s’adapter à son jeune public.

Au final, Plus Belle la Life n’est plus ni moins qu’un Habbo franchisé et marketing. C’est plutôt très bien adapté au public qu’il cible : simple, convivial et plutôt bien fréquenté pour l’instant. C’est donc une assez bonne réussite dans son genre, même s’il n’y a vraiment pas de quoi s’extasier.

Le site de Plus Belle la Life

Lively : Google sort le grand « jeu » ?

Les mondes virtuels divisent l’univers médiatique et informatique. Si le web 2.0 fait aujourd’hui la quasi-unanimité, la version 3D se cherche encore et vit une adolescence plutôt contrasté, partagé entre euphorie et coup de boule dans un tronc d’arbre. Second Life, précurseur et maître incontesté des métavers, surclasse largement la concurrence constituée des anecdotiques There, HiPiShi ou encore IMVU… Dans ce combat où le vainqueur semble avoir tout pillé sur son passage, le « grand » Google veut sa part du gâteau et lance à ton tour son propre monde virtuel : Lively. Avec ce logiciel, le géant américain compte bien s’imposer et clouer le bec à l’insolence du rejeton de Linden Lab.

Lively : la suprématie Google qui va peut-être faire mal!

Google c’est quand même l’usine à gaz de la bulle internet, avec une politique de diversification qui a explosé ces dernières années. Le géant ricain veut combattre sur tous les fronts, à se demander si les responsables du développement de la firme n’ont pas potassé les tactiques militaires de Jules César. Après avoir conquis le webmail avec Gmail, après avoir inflitré le streaming vidéo avec Google Video (et racheter) YouTube par la même occasion, après avoir infiltré la messagerie en ligne avec GTalk ou encore en osant proposer une suite bureautique en ligne : Google Documents, le requin du web ne pouvait rester insensible à l’odeur de la chair sanguinolente des mondes virtuels.

Attention Google ce ne sont pas des amateurs. Et le lancement très opportun de Lively en est la preuve. En effet, le logiciel était annoncé en messe basse depuis belle lurette déjà, histoire d’excitailler Linden Lab (« attention le raz de marée approche… dépêche toi de construire tes digues »). C’est une fois que Second Life a montré ses premiers signes de faiblesse que le monde virtuel de Google sort. Malin! A l’inverse de There, Habbo Hôtel et consorts, Lively a suscité une énorme curiosité. Il n’y a qu’à se rendre dans l’univers pour se rendre compte à quel point il est grouillant de petite puces excitées à l’idée de faire un salto sur des petits cubes qu’ils voient pour la première fois. Le phénomène Lively est en marche pour prendre le siège de San Francisco ?

Un monde virtuel visuellement acidulé et structurellement conçu pour les novices

Si Second Life mise sur des graphismes « adultes », Lively emploie un style à mi-chemin entre le manga et les Razmokets. D’ailleurs ça ressemble un peu honteusement à IMVU, les développeurs n’ont pas torturés leurs neurones pour faire quelque chose d’original. Néanmoins c’est quand même plutôt joli, pétillant et vivant. Son avatar est personnalisable, mais c’est très limité pour le moment. A titre de comparaison, ça donne l’illusion de se créer un Meego, les avatars animés de Windows Live Messenger… Plus de liberté ne sera donc pas de trop.

Au contraire de SL qui est un véritable monde de sims continues, Lively utilise un système de « rooms » qui s’apparentent à des sites internet en 3D que l’on peut créer gratuitement et librement. Pour le moment ce service est gratuit mais si ce metavers en vient à être populaire, nul doute que des conditions payantes viendront se superposer à celles-existantes.

Une enveloppe sobre mais très fonctionnelle, à l’image des autres services Google

Les images de Lively laissent transparaître un soft modeste, fantaisiste et enfantin, mais ce serait se mettre le doigt dans l’oeil. Le marketing Google s’est emparé du projet et a décalqué la même politique qui fait le succès de ses autres services : simplicité et fonctionnalité.

Premier point gagné par Lively sur SL : l’accessibilité. Il suffit de se rendre sur la page du metavers pour télécharger le client, et quelques minutes suffisent à se connecter. Ce service utilise les comptes Google/Gmail, réputés pour leur réactivité et sa bonne fonctionnalité en termes d’interface multiservices. Bref, alors que se connecter à SL prend parfois plus d’une demi-heure pour les novices, 2 à 10 minutes suffiront pour Lively.

Second point gagné par Lively : l’interface. Google a pris conscience de l’intérêt des mondes virtuels. Ce ne sont pas des jeux mais des outils utilisés en grande partie pour le partage internet. Lively se lance via un navigateur (Internet Explorer et Mozilla Firefox pour le moment) et l’accès est quasi-instantané. Google n’a pas oublié les joueurs novices et impatients, et ça pourrait lui accorder des faveurs non négligeables.
Une fois connecté, l’interface est très claire, bien qu’en anglais pour l’instant. Des menus limpides et pertinents, des termes précis et simples, des commandes de jeu logiques… Pas besoin de se prendre la tête à lire l’aide du métavers : dans Lively tout est intuitif et rapide. C’est pensé pour les joueurs débutants, et franchement Linden Lab devrait s’en inspirer.

Troisième point perdu cette fois : la faiblesse du contenu (pour l’instant). Malheureusement pour Lively, son inexpérience fait que l’on s’ennuie bien vite. A vrai dire, il n’y a pas grand chose à faire mais le plus inquiétant est surtout le fait que ce service ne semble pas conçu véritablement pour la création complexe, l’expression ou le partage. Lively se place plutôt comme un hub qui dispatche les visiteurs vers d’autres services de la firme (nous y reviendrons). Finalement, les premières impressions nous donnent l’image d’un t’chat 3D où l’on peut faire joujou à aménager sa room. On se croit revenu en enfance… mais ça finit par lasser.

Lively, au coeur de la synergie Google

On sent que Google a plutôt réussi son départ, et pourtant le géant n’a toujours pas sorti sa botte secrète! Depuis quelques années, la firme a employé une politique de rachats de services web pour compléter sa flamboyante activité de moteur de recherche. Compte tenu des spécificités de Lively et de son support « on-browser », on suppose que le monde virtuel se connectera bientôt prochainement à tous ces services détenus par le groupe. Ainsi il sera certainement possible d’accéder à ses mails In-World, d’échanger des documents via Google Documents, d’utiliser la géolocalisation de Google Maps, de construire des objets avec Google SketchUp (logiciel de conception 3D)… Il est d’ailleurs déjà possible de regarder des vidéos YouTube et bientôt de placer sa room sur le globe de Google Earth.

J’ai lu sur de nombreux blogs que Lively et Second Life n’étaient absolument pas comparables. C’est quelque part assez vrai, mais dans le fond, ces deux univers sont totalement concurrentiels selon moi. Je ne parle pas de contenu mais bien de la façon dont ils appréhendent le monde virtuel. Second Life s’oriente davantage comme une plateforme indépendante, peut-être un peu trop. Lively éclaire par sa simplicité, sa fonctionnalité, s’ajoute à cela un lien très fort avec le reste du web. Mais le système de rooms peut-être aussi vu comme un cloisonnement culturel, alors que SL se veut beaucoup ouvert de ce point de vue (en théorie). Lively est véritablement au centre d’une écloserie média-ludique, mais certainement pas professionnelle. SL c’est tout le contraire, avec une économie qui peut donner vie à de véritables projets. Qui vivra, vaincra…

Lively en bref…

Les bons points :
- La simplicité d’utilisation
- Accessible pour les utilisateurs de tout niveau
- L’intégration dans les navigateurs
- Réactif
- Ouvert aux nombreux services Google

Les mauvais points :
- Un système qui semble laisser peu de place à la création de contenu personnel
- Un design cartoonesque trop restrictif au niveau des goûts des utilisateurs
- Un site web peu attrayant
- Une sensation d’espace très limité

Ca se discute :
- Une relative instabilité (sous Firefox notamment)
- Une fenêtre d’application trop petite